Le Beau Rameau à Igon prépare l'arrivée du collège de Bétharram après le scandale des abus
Vendredi 27 mars, une ambiance de kermesse régnait à Igon lors des portes ouvertes du Beau Rameau, le nouvel établissement qui remplace Notre-Dame-de-Bétharram. Sous le soleil, avec de la musique et des ballons gonflables multicolores, l'événement visait à rassurer les familles concernées par le déménagement du collège de Bétharram, situé à 4 kilomètres de là.
Un déménagement nécessaire après un scandale retentissant
Le collège de Lestelle-Bétharram, frappé par un scandale d'abus sexuels sur des enfants et adolescents perpétrés durant des décennies par des prêtres et des laïcs, va fermer ses portes. Suite au retentissement national de l'affaire, les instances catholiques ont décidé de rapatrier les 180 élèves, dont onze internes, sur le site d'Igon. Le Beau Rameau abrite déjà une école, un lycée généraliste et un lycée professionnel, formant ainsi un ensemble éducatif complet.
Des travaux de 2,5 millions d'euros pour septembre
Pour accueillir ces nouveaux collégiens, des travaux estimés à 2,5 millions d'euros doivent être réalisés. La directrice Edwige Duvieu, présente dans le hall d'entrée pour accueillir les familles, a indiqué que le chantier n'avait pas encore commencé. Elle a toutefois tenu à rassurer les parents : « L'établissement a les capacités d'accueillir l'ensemble des élèves du groupe. » L'objectif est que tout soit prêt pour la rentrée de septembre, bien que les responsables nationaux de l'enseignement catholique aient évoqué fin janvier « un calendrier opérationnel qui n'exclut pas un déménagement progressif ».
Les réactions des parents : entre inquiétude et espoir
Lors des portes ouvertes, les parents se sont montrés globalement confiants, mais certains ont exprimé des craintes. Une mère d'élève, dont la fille entre en 6e, a admis : « J'ai un peu peur qu'ils ne soient pas finis à temps, que ça soit humide, mal isolé. Mais aujourd'hui, on nous a rassurés. » Un papa accompagné de ses deux enfants, dont l'un migrera de Lestelle-Bétharram à Igon pour sa 3e, a déclaré : « On est d'ici : on est contents de l'enseignement qu'ils reçoivent. La rentrée va très bien se passer. »
Le souhait de tourner la page
Parmi les personnes rencontrées, familles et personnels, souvent réticents à s'exprimer, domine le désir de mettre ce chapitre douloureux derrière eux. Un couple, qui n'a pas souhaité préciser les classes de ses enfants, a commenté : « Nous voulons que nos enfants puissent vivre leur scolarité le plus sereinement possible. Bien sûr, ce qui s'est passé est monstrueux, mais ce n'est pas aux élèves d'aujourd'hui de subir les conséquences de tout ça. » Cette volonté de normalisation guide les efforts pour intégrer le collège dans son nouveau cadre, avec l'espoir d'un avenir plus apaisé pour la communauté éducative.



