IA au lycée : Gizmo, Flashka, Notebook LLM... les applis plébiscitées par les élèves pour réviser le bac
IA au lycée : les applis de révision plébiscitées par les élèves

Gizmo, Flashka, Notebook LLM, Knowunity… Si vous n’avez jamais entendu parler de ces applications mettant à profit l’intelligence artificielle, les lycéennes et lycéens, eux, les connaissent par cœur. Ils s’en servent notamment pour réviser le bac. « On prend notre cours en photo et ça génère des quiz, des questions à trou ou des flashcards [des cartes mémoires, avec une question au recto, la réponse au verso]. Ça permet de mémoriser plus facilement et ça m’aide beaucoup », assure Bintou, 16 ans.

Cette lycéenne scolarisée à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, montre sur son téléphone portable orné d’un bracelet rose pâle son dossier « éducation » composé des applis de révisions Gizmo et Flashka. Elle les utilise cinq minutes chaque jour pour préparer les examens. Son amie, Fouleymata, préfère Gemini. Elle passe les sujets de maths des années précédentes à la moulinette de l’agent conversationnel de Google : « Je lui demande de me poser des questions, j’y réponds et j’ai directement la correction après », explique-t-elle.

Un usage très répandu

Ces lycéennes sont loin d’être des cas isolés. Depuis 2024, le cabinet Heaven se penche sur les usages de l’intelligence artificielle chez les lycéens et étudiants, âgés de 18 à 25 ans, dans l’étude Born AI. En 2025, 61 % des quelque 500 répondants ont déclaré utiliser l’IA pour les études ou le travail, un chiffre qui ne fait que progresser. « Il y a une généralisation de l’usage de l’IA chez les plus jeunes au niveau scolaire, relève Emmanuel Berne, directeur des études chez Heaven. C’est adopté comme le téléphone portable. »

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L’IA devient ainsi un partenaire pour s’entraîner dans le cadre scolaire. « On distingue deux approches, complète-t-il : une qui va être "interroge-moi pour savoir si je suis au point sur un sujet", la deuxième qui est "communique avec moi pour m’assurer que je suis en train de comprendre ce que je dois apprendre". »

Comme un professeur à domicile

Pour Célia, 17 ans, en terminale générale, c’est l’épreuve de philosophie, qu’elle prépare avec ChatGPT. « Je lui demande de résumer des notions, comme la liberté, pour voir les grands auteurs et faire des fiches. Avec mon professeur, on n’a pas beaucoup de cours, je cherche un peu en ligne et, après, je donne à l’IA. »

En revanche, pour ses spécialités, maths et physique-chimie, elle est moins convaincue par ChatGPT, « qui n’est pas très pratique », et lui préfère Knowunity. Cette autre application de révisions, qui se présente comme un coach scolaire, compte 21 millions d’utilisateurs. Elle propose des résumés de notions, des scans de devoirs pour comprendre ses erreurs, des examens blancs ou encore des quiz. L’IA devient alors presque un professeur à domicile, disponible en permanence. « Si je ne comprends pas pourquoi c’est faux, je lui demande. L’IA m’explique et me dit : "Il y a marqué ça dans ton cours, revérifie". »

En français, Fouleymata a aussi travaillé le commentaire de texte, comme un extrait de Bérénice de Racine, avec Gemini. « Je fais un commentaire, je l’envoie et il corrige les fautes, nous dit si on écrit mal des phrases, si on dit des choses fausses ou si on peut rajouter des éléments qui pourraient être pertinents. » Parfois, elle utilise Notebook LLM. Cette application permet de transformer en podcast ou en vidéo des cours pris en photo. « Quand je n’ai pas le temps de réviser, je fais un podcast, je peux l’écouter en chemin », indique-t-elle. C’est sur TikTok qu’elles ont découvert ces applications et leur utilité.

La crainte de ne plus être autonome dans son apprentissage

Les enseignants encadrent-ils l’explosion de cet usage ? Pas vraiment. « On est à la traîne, c’est arrivé tellement vite », admet une professeure de français. De fait, les lycéennes interrogées ne sont pas accompagnées dans cet usage. Pourquoi ne pas leur apprendre à vérifier systématiquement ce que leur dit l’IA (ce qu’elles admettent ne pas faire) ou à poser les bonnes questions pour optimiser les révisions ?

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Certaines entreprises de cours particuliers à distance proposent maintenant d’alterner les séances entre un tuteur humain et le travail autonome guidé par l’IA. Aimery de Vaujuas, cofondateur de la Méthode Aristote, estime que l’IA offre « une illusion de maîtrise : l’élève comprend vite sur le moment, mais ne sait plus restituer seul ». Il alerte sur les difficultés à tenir une dissertation pendant quatre heures sans assistance.

Scolarisée dans un lycée du 9e arrondissement parisien, Antoinette en première générale suit cette méthode. « Pendant une heure, je réponds aux questions de l’IA, et le prof voit ce que je fais en même temps, détaille-t-elle. On fait des pauses, il m’explique. Chez moi, je peux refaire tous les exercices, ça me permet de m’entraîner et de bien connaître chaque chapitre. » Elle affirme ne pas trop utiliser l’IA par ailleurs. « J’ai déjà préparé un oral avec ChatGPT, mais ça ne m’a pas apporté grand-chose, parce que je n’ai pas fait la démarche d’écrire le texte et donc d’apprendre. »