Groupes de niveau : Attal et son grand pschitt éducatif
Groupes de niveau : le grand pschitt d'Attal

Le « grand pschitt » de l'éducation nationale porte un nom : les groupes de niveau. Cette mesure phare de Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale, devait révolutionner le collège. Mais un an après son annonce, le constat est sans appel : la réforme se heurte à une mise en œuvre complexe, des critiques pédagogiques et un flou persistant sur les modalités pratiques.

Une réforme aux contours flous

Dès l'annonce, en décembre 2023, les groupes de niveau ont suscité la controverse. Le principe : répartir les élèves de 6e et 5e en groupes selon leurs résultats en français et en mathématiques. L'objectif affiché était de « faire progresser tous les élèves » en permettant un enseignement plus adapté à chacun. Mais les modalités précises restaient vagues, laissant aux établissements une grande latitude d'organisation.

Les syndicats enseignants ont rapidement dénoncé une mesure « stigmatisante » et « inégalitaire ». Selon eux, les groupes de niveau risquent de creuser les écarts plutôt que de les réduire, en concentrant les élèves en difficulté dans des classes où les attentes seraient moindres. Une étude de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) a d'ailleurs montré que ce type de dispositif n'a pas d'effet significatif sur la progression des élèves, voire un effet négatif pour les plus faibles.

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Un « pschitt » géant

Le journal Libération, qui a suivi le dossier, parle d'un « grand pschitt » pour décrire l'écart entre les promesses et la réalité. Les enseignants, eux, dénoncent une « usine à gaz » administrative : constitution des groupes, coordination entre professeurs, évaluations communes… Autant de tâches supplémentaires qui s'ajoutent à un métier déjà sous tension.

Les parents d'élèves, de leur côté, sont partagés. Certains y voient une chance de voir leur enfant progresser dans un groupe plus homogène, d'autres craignent un étiquetage précoce. La FCPE, principale fédération de parents, a demandé à plusieurs reprises un moratoire sur cette réforme.

Un bilan contrasté

Au final, le bilan est plus que mitigé. Les groupes de niveau sont appliqués de manière très hétérogène selon les collèges, avec des moyens variables et des interprétations diverses. Dans certains établissements, les groupes sont composés en fonction des résultats aux évaluations nationales, dans d'autres, selon les appréciations des professeurs. Les emplois du temps sont parfois complexes à construire, et les enseignants doivent adapter leurs pratiques à des groupes plus restreints mais plus hétérogènes qu'espéré.

Face à ces difficultés, le ministère a tenté d'assouplir le dispositif, mais sans convaincre. La réforme est aujourd'hui en suspens, victime de son ambition et de son manque de préparation. Les syndicats réclament son abandon pur et simple, tandis que les associations de parents demandent une évaluation indépendante avant toute généralisation.

Le « grand pschitt » de l'éducation nationale aura au moins eu un mérite : celui de relancer le débat sur la pédagogie au collège. Mais pour l'instant, le constat est là : les groupes de niveau n'ont pas tenu leurs promesses, et les élèves, eux, attendent toujours une amélioration concrète de leurs conditions d'apprentissage.

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