L'agglomération de Saintes Grandes Rives confrontée à des fermetures de classes
L'Éducation nationale a annoncé, jeudi 26 mars, une série de fermetures de classes en Charente-Maritime, dont cinq concernent directement l'agglomération de Saintes Grandes Rives. Trois classes sont supprimées à Saintes, une à Chaniers et une à Chermignac, reflétant une tendance persistante à la baisse des effectifs scolaires. Éric Pannaud, maire de Chaniers et ancien responsable des affaires scolaires de l'agglomération, souligne que « les chiffres sont têtus » et appelle à une réflexion globale pour adapter l'offre éducative.
Une baisse démographique continue
Sur les 51 fermetures de classes annoncées dans le département (pour 22 ouvertures), l'agglomération de Saintes Grandes Rives est particulièrement impactée. À la rentrée 2025, elle avait déjà perdu 177 élèves et deux classes, réduisant son total à environ 4 000 élèves. Une diminution supplémentaire d'une centaine d'élèves est attendue pour septembre 2026, accentuant la pression sur les établissements. Bruno Drapron, maire de Saintes, reconnaît que la question de la conservation du dispositif actuel – 7 écoles maternelles et 8 élémentaires – doit être posée, notamment avec trois écoles ne comptant que deux classes, une situation jugée fragile.
Des impacts variés selon les communes
À Saintes, la fermeture de trois classes touche plusieurs écoles : l'école Pasteur repasse de dix à neuf classes, la maternelle du Cormier reperd une classe (ne laissant que deux classes), et la maternelle Emile-Combes descend de quatre à trois classes. Éric Pannaud a demandé un regard particulier pour l'école du Cormier, notant son potentiel d'accueil. Il souligne également la nécessité d'une réflexion approfondie pour les écoles accueillant des enfants à besoins particuliers.
À Chermignac, la réduction de cinq à quatre classes inquiète pour la dynamique pédagogique, avec des risques de démobilisation des enseignants. Éric Pannaud propose une collaboration avec la commune voisine de Thénac pour créer un groupe scolaire plus stable, évoquant l'idée d'une séparation par âge pour sécuriser les effectifs.
À Chaniers, la fin d'un moratoire de sept ans conduit à la fermeture d'une classe, passant de douze à onze classes. Bien que la situation ne soit pas critique, elle entraîne la perte d'une décharge de directeur à temps complet. Le maire envisage d'exploiter l'école Pierre-de-Ronsard, inaugurée en septembre 2025, comme un équipement territorial capable d'accueillir des enfants à besoins particuliers, en collaboration avec l'Éducation nationale.
Vers une révision de la carte scolaire
Face à ces défis, les élus insistent sur la nécessité d'une réflexion globale. Éric Pannaud appelle à revoir la carte scolaire, en priorisant certains sites et en tenant compte de l'état des bâtiments, certains nécessitant des rénovations pour optimiser l'accueil des enfants. Cette approche vise à anticiper les futures baisses démographiques et à garantir une offre éducative de qualité dans l'agglomération.



