Manifestation des enseignants des Alpes-Maritimes pour dénoncer des conditions de travail déplorables
Ce mardi 31 mars 2026, une centaine de personnels de l'Éducation nationale, comprenant des enseignants, des Atsem et des AESH, s'est rassemblée devant le Rectorat de Nice. Cette mobilisation, organisée en intersyndicale, visait à exprimer un profond mécontentement face aux annonces de fermetures de classes et aux moyens insuffisants prévus pour la rentrée prochaine. Les manifestants ont brandi des pancartes avec des slogans tels que « École publique en colère » et « On craque l'école aussi ! », soulignant une crise systémique dans le secteur éducatif.
Des conditions de travail parmi les pires de France
Fabienne Langoureau, représentante du Snes, a dénoncé avec véhémence la situation : « Quand il y a des drames comme à Sanary, le ministre vient nous voir, mais le reste du temps, on est oubliés ! ». Elle a ajouté que l'académie des Alpes-Maritimes est l'avant-dernière en taux d'encadrement, avec des classes surchargées et un manque criant de postes de CPE ou de psychologues. « Nous avons quasiment les plus mauvaises conditions de travail de France », a-t-elle affirmé, mettant en lumière des années de salaires non revalorisés et une dégradation continue des conditions d'exercice.
Fermetures de classes et manque de soutien aux élèves en situation de handicap
Gilles Jean, du SNUipp, a pointé du doigt les 35 fermetures de classes annoncées dans le premier degré du département, justifiées par une baisse démographique de 1 800 élèves. Il a regretté que cette occasion n'ait pas été saisie pour améliorer les conditions de travail, alors que « un des piliers de la réussite scolaire, c'est la baisse des effectifs ». Parallèlement, Jeanne et Carine, enseignantes sur le terrain, ont déploré l'échec de l'école inclusive. Elles ont expliqué que les AESH, sous-payées et sans statut stable, sont en nombre insuffisant, tout comme les structures spécialisées telles que les IME et les Itep. « On passe notre temps à pallier le manque de moyens sur le terrain. Ça craque de tous les côtés... », ont-elles souligné, décrivant des classes hétérogènes où les besoins spécifiques des élèves ne sont pas correctement pris en charge.
Un rassemblement stratégique avant des réunions cruciales
Cette manifestation s'est tenue à la veille du CSA SD (comité social d'administration spéciale départementale), une réunion déterminante où sont décidées les mesures de fermetures de classes. Les syndicats estiment que le CDEN (conseil départemental de l'Éducation nationale), prévu en avril, n'apportera que des ajustements marginaux. Les manifestants ont ainsi appelé à une action urgente pour « une école publique qui souffle, qui respire », plutôt qu'une institution qui étouffe sous la pression des coupes budgétaires et du manque de ressources humaines.
En résumé, cette mobilisation à Nice reflète une colère grandissante parmi les personnels éducatifs des Alpes-Maritimes, qui exigent des moyens adéquats et des conditions de travail dignes pour assurer la qualité de l'enseignement public. La crise touche tous les aspects, des effectifs surchargés au soutien aux élèves vulnérables, mettant en péril l'avenir éducatif de la région.



