Un chantier historique pour l'enseignement catholique biterrois
Une page importante de l'histoire éducative de Béziers se tourne avec le démarrage, ce mercredi 16 juillet, d'un vaste chantier de démolition au sein du lycée du Sacré-Cœur. L'entreprise Micka TP a engagé les travaux sur le boulevard d'Angleterre, marquant le début d'une transformation profonde destinée à réunir trois établissements privés catholiques de la ville.
Démolition d'un patrimoine chargé d'histoire
La pelle de démolition de 45 tonnes, dotée d'un bras de 19 mètres de hauteur, a commencé son travail sur l'ancien parking du personnel du lycée. Le bâtiment visé, désaffecté depuis quelque temps, abritait autrefois la "maison d'enfants", un orphelinat créé en 1884 par le Père Gailhac pour accueillir les enfants des prostituées recueillies dans le refuge qu'il avait fondé dès 1834. Les lieux comprenaient également les logements des religieuses du Sacré-Cœur de Marie, congrégation établie en 1849, ainsi que leur chapelle.
Mickaël Ortie, patron de Micka TP, précise le processus : "Auparavant, début juin, nous avons procédé au curage, c'est-à-dire à la déconstruction des intérieurs, tels les menuiseries, les faux plafonds ou les doublages. Nous avions déjà récupéré tout ce que les propriétaires nous avaient demandé, comme le tabernacle de l'autel de la chapelle. A suivi la phase du désamiantage pour ensuite procéder à la démolition, qui représentera 8 000 tonnes de gravats que nous allons entièrement concasser et recycler."
Un projet éducatif ambitieux sur deux sites
L'objectif de cette opération n'est pas de faire table rase du passé, mais de construire l'avenir de l'enseignement catholique à Béziers. Le projet, mené par l'Organisme de gestion de l'enseignement catholique (Ogec) Saint-Aphrodise, propriétaire des lieux, vise à réunir trois établissements sur deux sites distincts.
Jean-Marie Platet, élu à l'Ogec Saint-Aphrodise, explique la vision : "Nous allons réunir ces trois établissements sur deux sites, en restant au cœur de Béziers, sur le site historique des congrégations et de l'enseignement catholique biterrois. Tout d'abord sur l'actuel établissement Fénelon, qui, une fois entièrement rénové, deviendra uniquement collège, réunissant les élèves de la Madeleine et de Fénelon. Sur le deuxième site, celui de l'actuel chantier de démolition, nous allons construire une école primaire (maternelle et élémentaire) et une partie du lycée professionnel du Sacré-Cœur."
La partie plus haute du lycée, située entre le boulevard d'Angleterre et la rue Ermengaud, sera entièrement rénovée, tandis que le bâtiment abritant les ateliers professionnels et technologiques, situé plus bas sur le boulevard, sera fermé. Ce projet d'envergure devrait voir le jour dans un délai de trois ans, période durant laquelle les trois établissements conserveront leur organisation actuelle.
Les racines historiques du Sacré-Cœur
Le site du Sacré-Cœur plonge ses racines dans l'histoire sociale et éducative de Béziers. Le père Jean Gailhac, né dans le quartier Saint-Aphrodise en 1802, ouvrit en 1834 un lieu d'accueil pour les prostituées et leurs enfants, nommé le Bon Pasteur, grâce au soutien financier du couple Eugène et Appollonie Cure.
En 1849, il fonda la congrégation du Sacré-Cœur de Marie, dont Appollonie devint mère Saint-Jean. Deux ans plus tard, en 1851, s'ouvrit le cours Saint-Jean, une école pour jeunes filles aisées tenue par les sœurs de la congrégation. En 1855, le père Martin ouvrit l'école du Sacré-Cœur pour les garçons sur le boulevard d'Angleterre. L'actuel lycée privé professionnel et technologique du Sacré-Cœur réunit aujourd'hui les bâtiments de ces deux anciens établissements, témoignant d'une continuité éducative remontant au XIXe siècle.
Cette transformation marque donc une nouvelle étape dans l'évolution de l'enseignement catholique à Béziers, alliant respect du patrimoine historique et adaptation aux besoins éducatifs contemporains.



