Concours d'éloquence de la Fondation Groupe Dépêche : onze plaidoiries lycéennes sur le thème 'Résister'
Ce vendredi 16 janvier 2026, l'amphithéâtre du lycée Philippe-Lamour à Nîmes a accueilli la sélection territoriale du concours d'éloquence organisé par la Fondation Groupe Dépêche. Devant un jury attentif, onze élèves issus de différents établissements scolaires ont présenté leurs plaidoiries, chacune déclinant à sa manière le thème imposé de cette édition 2026 : 'Résister'.
Un événement valorisant la prise de parole
Avant le début des prestations, Jean-Luc Dimeur, proviseur du lycée polyvalent Philippe-Lamour qui accueillait l'événement, a souligné l'importance de l'oral dans la formation des élèves et salué 'l'engagement' des candidats. Thierry Meslet, organisateur du concours, a pour sa part insisté sur la richesse de cet exercice qui combine réflexion, écriture et mise en voix, tout en rassurant les jeunes orateurs sur le trac naturel.
Des approches variées et personnelles
Le hasard ayant déterminé l'ordre de passage, c'est Blanche Chereau du lycée Charles-Gide d'Uzès qui a ouvert la séance avec une plaidoirie originale. Elle a imaginé un cabinet psychologique où défilent des patients incarnant les addictions modernes, le cyberharcèlement ou la tentation de la facilité, nourrissant sa réflexion de références littéraires et historiques sur la conviction comme moteur de résistance.
Laura Essermeant, également scolarisée à Charles-Gide, a choisi la métaphore de la fourmi : petite, invisible mais tenace. À travers des jeux de mots et des clins d'œil à la fable de La Cigale et la Fourmi, elle a défendu une résistance collective face à la surcharge et à la soumission.
Pour Eva Morente Prat du lycée Philippe-Lamour de Nîmes, résister n'est pas toujours héroïque : c'est aussi un acte quotidien. Son engagement écologique, la défense des droits des femmes, les causes LGBTQIA+ ou la lutte contre le mal-être personnel font de la résistance une part intime de l'identité.
Références historiques et combats contemporains
Maxime Albrecth du lycée professionnel Voltaire a convoqué les grandes figures de l'Histoire, de Harriet Tubman à Nelson Mandela, rappelant que, comme le disait Lucie Aubrac : 'Le verbe 'résister' doit toujours se conjuguer au présent'.
Inaya Bouffelah du lycée professionnel Gaston-Darboux a livré un discours très personnel évoquant la résistance à hauteur d'adolescente : pression scolaire, inégalités, violences, pauvreté, jusqu'à la lutte contre les idées noires. Un hommage appuyé aux résistants d'hier et un plaidoyer poignant pour la dignité.
Racines locales et formes multiples de la résistance
Gabrielle Aznar du lycée Blellevue Marie-Rivier a fièrement exposé ses racines gardoises, citant quelques grands noms du département comme Jean Moulin, célèbre résistant mais aussi ancien préfet du Gard, Jean-Paul Chabrol, historien alésien, ou encore Marie Durand. Elle a également évoqué l'histoire de pardon de Maïti Girtanner, résistante française, qu'elle considère comme une forme de résistance.
Plus théâtral, Charles Cordesse du lycée Bellevue Marie-Rivier a interrogé les différentes formes de résistance, de l'Histoire à la vie quotidienne, appelant à une résistance guidée par la raison et le dialogue.
Swan Benoni de l'ensemble scolaire Saint Pierre – Saint Paul de Langogne a livré une intervention plus concise, centrée sur la résistance des jeunes face aux normes sociales, aux conflits mondiaux et aux enjeux environnementaux.
Résistance et actualité
Très applaudi, Tristan Lauriol du lycée professionnel Marie-Curie a relié le thème à son métier de prédilection : cuisinier. Défendre les terroirs, refuser la standardisation alimentaire, valoriser la gastronomie et les produits de qualité tout en soutenant à demi-mot les agriculteurs mobilisés : 'Chaque plat peut être un acte de résistance', a-t-il affirmé.
Avec une approche plus philosophique et sociale, Léo De Chevron Villette de Saint Pierre – Saint Paul à Langogne a évoqué la peine de mort, les injustices économiques et la nécessité de rester fidèle à ses valeurs.
Une clôture en musique et en conviction
Enfin, Alicia Nicol du lycée Albert-Einstein a clôturé la sélection par une plaidoirie rythmée, presque slamée, nourrie d'histoires familiales et internationales. En débutant sa prise de parole par une interprétation de Bella Ciao, ce chant de révolte italien, Alicia a capté indéniablement l'attention de ses auditeurs. En convoquant langues, exils et mémoires, elle a affirmé : 'Résister, c'est refuser l'uniformisation. C'est refuser de devenir invisible. Résister est difficile. Se taire est plus simple. Mais ne pas résister, c'est disparaître.'
Les résultats de cette sélection territoriale seront communiqués le 23 janvier 2026. Les finalistes retenus se retrouveront le 12 février au Grand Théâtre des Cordeliers à Albi pour la grande finale du concours d'éloquence de la Fondation Groupe Dépêche.



