Concours d'éloquence interlycées à Alès : la connaissance de soi par la compréhension d'autrui
Le quatrième jeu-concours d'éloquence interlycées, organisé entre les établissements Jacques Prévert de Saint-Christol et Jean-Baptiste Dumas d'Alès, se tiendra mercredi 28 mai. Cet événement pédagogique et culturel rassemble six candidats finalistes qui s'affronteront sur la scène de la salle Samuel Paty du lycée Jean-Baptiste-Dumas à 18 heures.
Une thématique inspirée d'André Gide
Les participants devront développer leur réflexion autour d'une citation emblématique d'André Gide : "Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c'est de chercher à comprendre autrui." Cette pensée, datant de 1869-1951, sert de fil conducteur à l'ensemble du concours, mettant en lumière l'importance de la connaissance de soi à travers le prisme de la relation à l'autre.
Assia Tria, directrice de l'IMT d'Alès, a souligné l'importance de cette initiative lors de l'édition 2024, remportée par Alycia Florençon. Le concours représente bien plus qu'une simple compétition oratoire ; il s'agit d'un véritable projet éducatif conçu pour développer les compétences des élèves.
Un dispositif pédagogique innovant et inclusif
Contrairement à de nombreux concours traditionnels, cette initiative se veut accessible à tous les élèves, y compris ceux qui ne se considèrent pas naturellement éloquents. Richard Marguerit, professeur de mathématiques à Jacques Prévert, explique : "À la différence d'autres concours, c'est ici un dispositif pour tous les élèves, même sans éloquence, pour apprendre à être, à se révéler."
Le projet, débuté en septembre, s'est articulé autour d'ateliers dans les deux établissements. Ces sessions ont d'abord permis de travailler l'écriture avant de se concentrer sur la dimension orale. Sonia Bettache, professeure de Lettres à Jean-Baptiste-Dumas, témoigne des progrès observés : "Une élève m'a dit son amélioration à l'oral, une autre combien elle avait pris de l'assurance... Et même pour ceux qui ne sont pas orateurs, le partage du travail d'écriture entraîne une progression."
Renforcer les relations sociales et pédagogiques
Au-delà de l'acquisition de compétences linguistiques, le concours favorise la rencontre entre élèves de lycées différents, créant ainsi une dimension sociale enrichissante. Richard Marguerit insiste sur la nécessité de maintenir des liens humains dans un monde de plus en plus numérique : "Aujourd'hui, il faut une relation forte entre professeurs et élèves afin de les engager dans un apprentissage. Les machines, les écrans sont là dès la moindre difficulté. Mais il faut lutter contre ces réactions d'évitement et de facilité."
Il ajoute : "Ce concours, c'est apprendre à écrire et prononcer des discours car c'est là que sont les plus grandes difficultés. Et c'est aussi maintenir une relation sociale car ils communiquent plus avec des machines que dans la vraie vie..." Cette réflexion souligne l'actualité frappante de la pensée d'André Gide dans notre société contemporaine.
Un événement structuré et valorisant
Le jeu-concours représente donc une action émancipatrice qui dépasse le cadre scolaire traditionnel. En encourageant les élèves à s'exprimer, à écouter et à comprendre les autres, il participe activement à leur développement personnel et intellectuel. La soirée du 28 mai promet ainsi d'être un moment fort de partage et d'éloquence, mettant en lumière le talent et le travail des jeunes participants.



