Crise au collège Gérard Philipe : le personnel exige le classement REP+ face au manque de moyens
Une mobilisation historique a secoué le collège Gérard Philipe à Montpellier ce jeudi 12 février. Enseignants, accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et assistants d'éducation (AED) ont uni leurs voix pour dénoncer avec véhémence un manque criant de personnel et une baisse alarmante de la dotation horaire. Cette situation critique entraîne des suppressions de groupes et des regroupements de niveaux, compromettant gravement la qualité de l'enseignement.
Une dotation horaire insuffisante qui pénalise les élèves
Marie-Adeline Rouby, professeur de français depuis neuf ans au collège et membre du conseil d'administration, expose les chiffres qui inquiètent : "On nous donne huit heures de moins, d'après leurs calculs. D'après les nôtres, même un peu plus, par rapport à ce qu'ils devraient nous donner." Les conséquences sont immédiates et dramatiques pour les élèves.
Les répercussions concrètes sont multiples :
- Renoncement aux groupes de besoins pédagogiques
- Regroupement des options sur plusieurs niveaux
- Étude commune de l'allemand ou du latin pour les 4e et 3e
Marie-Adeline Rouby insiste : "Ce sont des conditions d'enseignement inacceptables pour les élèves."
Des conditions matérielles déplorables et un contexte social difficile
Antoine Descleves, professeur de mathématiques depuis septembre, détaille les problématiques matérielles qui aggravent la situation : "On a certaines salles qui sont très petites. Il n'y a pas assez de salles. En salle informatique, le département nous dote de 15 postes. Je fais comment pour faire travailler 25 gamins qui ont du mal à se concentrer sur un écran avec seulement 15 ordinateurs ?"
Le corps enseignant met également en lumière le contexte socio-économique complexe du quartier Saint-Martin. Selon eux, cette situation contribue à "une dégradation de la santé sociale et mentale des élèves", créant un environnement éducatif particulièrement éprouvant.
La revendication principale : le classement en REP+
Face à cette accumulation de difficultés, les personnels réclament avec insistance la requalification du collège en REP+ (Réseau d'éducation prioritaire renforcé). Marie-Adeline Rouby explique : "On est dans un établissement très difficile, pourtant on n'est pas REP+. On nous rogne des moyens mais aujourd'hui ça ne passe plus."
Cette classification permettrait selon eux d'obtenir des moyens supplémentaires et une reconnaissance officielle des spécificités de l'établissement, essentielle pour améliorer les conditions d'apprentissage.
La réponse du Rectorat
Contacté par nos soins, le Rectorat a indiqué avoir pris "connaissance des problématiques exposées par les personnels du collège Gérard Philipe" et assure qu'un travail est engagé pour accompagner cet établissement face aux difficultés qu'il rencontre. Une délégation du personnel a été reçue en fin de matinée pour une audience, marquant le début d'un dialogue institutionnel.
Cette mobilisation met en lumière les tensions persistantes dans le système éducatif français, particulièrement dans les établissements confrontés à des défis socio-économiques importants. L'avenir du collège Gérard Philipe et de ses élèves dépendra des décisions qui seront prises dans les prochaines semaines.