Collège de Contes : la guerre des chiffres s'envenime avec accusations de faux et menace de plainte
Les tensions persistent et s'intensifient autour des effectifs du collège de Contes, dans les Alpes-Maritimes. Une véritable guerre des chiffres oppose élus locaux, tandis que les parents d'élèves maintiennent une pression constante sur cette question sensible qui concerne les conditions d'enseignement de leurs enfants.
Accusations graves et menace de plainte pour diffamation
Sébastien Olharan, maire de Breil-sur-Roya et conseiller départemental, tempête dans un communiqué de presse publié le 11 mars : « Je condamne avec force ces accusations graves et mensongères qui portent atteinte à mon intégrité et mon honneur. Je me réserve le droit de déposer plainte pour diffamation. »
L'élu, qui était seul en lice pour le scrutin municipal, détaille son indignation : « Je suis scandalisé par les accusations particulièrement graves de faux et usage de faux portées à mon encontre par le maire de Contes, Francis Tujague, lors du conseil municipal du 4 mars. »
Lors de cette séance qui, fait notable, n'a pas été diffusée sur les réseaux sociaux de la Ville, le sujet des effectifs du collège de Contes a été évoqué. Le conseiller municipal d'opposition Christophe Ceragioli a présenté des projections d'effectifs fournies par le Département des Alpes-Maritimes, basées sur les données du Rectorat et une étude prospective réalisée par le prestataire iStudy.
Ces chiffres contredisent les affirmations du maire de Contes concernant un sureffectif à la rentrée prochaine et prévoient même une baisse des effectifs à partir de l'année prochaine. C'est dans ce contexte que Francis Tujague aurait déclaré que ce document « est un faux et que Monsieur Olharan est un tricheur ».
Le département défend ses chiffres et sa politique
Sébastien Olharan ne décolère pas et insiste sur la véracité des données communiquées : « Les services du Département peuvent confirmer la véracité des chiffres que j'ai communiqués. »
Il met également en avant les actions du Département : « Le Département, par sa politique volontariste, est parvenu à contenir les effectifs du collège de Contes avec la mise en place d'un transport dédié pour les enfants de Drap volontaires jusqu'au collège de L'Escarene. Il travaille activement à la création du futur collège de Drap. »
Le conseiller départemental lance une pique à son homologue : « Monsieur Tujague devrait se réjouir de ces avancées plutôt que de continuer d'agiter l'opinion publique en annonçant un sureffectif démenti par les chiffres. » Contacté par nos soins, Francis Tujague n'a pas répondu à nos sollicitations.
Les parents d'élèves maintiennent la pression
L'histoire ne s'arrête pas aux échanges entre élus. Les membres de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves) du collège de Contes ont laissé passer la période électorale – Sébastien Olharan ayant été réélu au premier tour – pour mieux revenir sur le sujet.
Dans un communiqué, ils affirment : « Nous sommes toujours décidés à nous mobiliser pour offrir à nos enfants les meilleures conditions pour apprendre et grandir en toute sérénité. »
Bien qu'ils aient rencontré des représentants du Département, les parents ne sont pas totalement convaincus : « Plusieurs points nous surprennent et nous poussent à continuer d'interpeller les responsables politiques. »
Ils évoquent des problèmes concrets : « la circulation au sein de l'établissement (...) problématique », même qualificatif pour « le passage des enfants à la cantine ». Et posent une question pertinente : « S'il n'y a aucun problème, pourquoi envisager la construction d'un nouveau collège dans la vallée ? »
Un climat toujours tendu
Le sujet reste donc très tendu dans la vallée du Paillon. Les projections du Département assurent qu'il n'y a « aucune raison de modifier la carte scolaire » et qu'« il n'y a aucun sureffectif prévu jusqu'en 2031 » dans cette commune.
Pourtant, les inquiétudes persistent, alimentées par les échanges virulents entre élus. Les parents continuent de se mobiliser, comme lors de la manifestation du 11 février devant le Conseil départemental à Nice.
Il y a fort à parier que les échanges par communiqués interposés risquent de se poursuivre, dans un climat où accusations, menaces de plainte et mobilisations citoyennes se mêlent autour d'une question fondamentale : les conditions d'enseignement des collégiens de Contes et de la vallée du Paillon.



