Carte scolaire du Gard : une réorganisation sous tension
La future carte scolaire du département du Gard, dont la publication est attendue après les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, s'annonce marquée par des réductions significatives d'effectifs. Les premières indications, révélées lors du Comité social d'administration académique du 29 janvier, confirment une diminution des postes d'enseignants dans le premier degré, directement liée à la baisse démographique constatée.
27 postes à supprimer et des fermetures de classes anticipées
Selon les informations relayées par le syndicat enseignant FSU-SNUIPP 30, le Gard doit "rendre" l'équivalent de 27 postes. Cette décision s'inscrit dans le cadre des orientations données par le CSA ministériel du 27 janvier. Le FSU-SNUIPP 30 apporte des précisions inquiétantes : "En plus de ces 27 postes, le Dasen (directeur académique des services de l'éducation nationale) décidera de fermer d'autres postes. Par exemple, il devrait mettre en place treize pôles d'appui à la scolarité (pour les enfants aux besoins éducatifs particuliers) à moyens constants et donc fermer des classes."
Face à ces annonces, les syndicats enseignants s'interrogent vivement sur le contenu définitif de la carte scolaire. Le FSU-SNUIPP a même lancé une enquête auprès des personnels et des familles qui redoutent une fermeture de classe ou demandent une ouverture. Le syndicat exprime son regret que la baisse démographique ne soit pas l'occasion, par choix politique, de redonner des moyens supplémentaires à l'école publique.
Une baisse démographique significative dans le premier degré
Les chiffres avancés par le SE-UNSA illustrent l'ampleur du phénomène. Dans le Gard, le premier degré comptait 59 005 élèves lors de l'année scolaire précédente. Pour 2026, les prévisions tablent sur seulement 57 803 élèves, soit une diminution de plus de 1 200 enfants. À l'échelle de l'académie de Montpellier, cette baisse démographique de 4 661 élèves se traduit par une réduction globale de 75 équivalents temps plein.
Le SE-UNSA confirme également le chiffre des 27 postes "à rendre" dans le Gard. Le syndicat étend ses critiques au second degré, déplorant une baisse de moyens au sein de l'académie. Pour la rentrée 2026, une diminution de 1 692 élèves est prévue, entraînant une réduction globale de 73 équivalents temps plein.
Une publication tardive et un contexte politique sensible
La publication de la carte scolaire, plus tardive que d'habitude cette année en raison du calendrier électoral, suscite donc de vives inquiétudes dans la communauté éducative gardoise. Les syndicats redoutent que les ajustements nécessaires pour répondre à la baisse des effectifs ne se fassent au détriment de la qualité de l'encadrement et de l'offre pédagogique, particulièrement dans les zones déjà fragilisées.
Cette réorganisation, bien que justifiée par des données démographiques objectives, pose la question cruciale de la répartition des moyens et de la priorité donnée à l'éducation dans un contexte de restrictions budgétaires. Les mois à venir, entre la publication officielle de la carte et la rentrée 2026, s'annoncent décisifs pour l'avenir des écoles du Gard.



