Béziers : les collèges La Dullague et Lucie-Aubrac toujours exclus du réseau REP+ malgré des promesses
Béziers : les collèges exclus du REP+ malgré des promesses

Béziers : les collèges La Dullague et Lucie-Aubrac toujours exclus du réseau REP+ malgré des promesses

Depuis 2018, le personnel et les enseignants des collèges La Dullague et Lucie-Aubrac à Béziers réclament sans succès leur intégration dans le réseau d'éducation prioritaire renforcé (REP+). Cette demande vise à obtenir des moyens financiers et humains supplémentaires pour faire face à des difficultés sociales et scolaires majeures. Pourtant, malgré des engagements antérieurs, la réponse des autorités éducatives reste négative, alimentant frustration et colère.

Une situation dégradée et des promesses non tenues

Mercredi 2 juillet, le Comité social d'administration ministériel de l'Éducation nationale (CSAMEN) s'est réuni pour examiner le cas de ces deux établissements biterrois. Déborah Martinez, enseignante d'espagnol à La Dullague et membre du SNFOLC34, exprime son indignation : "La réponse à notre demande a été : 'On attend la refonte de la carte scolaire'. Nous ne serons donc toujours pas classés en éducation prioritaire à la rentrée 2025, contrairement aux promesses qui nous avaient été faites il y a deux ans." Cette carte scolaire, datant de 2014, aurait dû être révisée à plusieurs reprises mais reste figée, laissant des collèges comme La Dullague et Lucie-Aubrac dans une situation précaire.

Les indicateurs sociaux et éducatifs révèlent une réalité alarmante. Les quartiers Iranget-Grangette, où se situent ces collèges, sont classés prioritaires de la politique de la ville (QPV) avec un Indicateur de positionnement social (IPS) très bas : 75 % pour La Dullague et 74 % pour Lucie-Aubrac, contre une moyenne nationale de 106. Les résultats au brevet des collèges sont déplorables, avec seulement 69 % de réussite en 2024, signifiant qu'un élève sur trois ne l'obtient pas. De plus, des incidents graves s'accumulent, incluant violences, harcèlement, intrusions de parents, menaces envers le personnel, et récemment le suicide d'un élève de La Dullague en mai dernier.

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Mobilisation croissante et réponse institutionnelle

Face à cette impasse, un collectif de personnels de collèges, incluant La Dullague, Lucie-Aubrac, et d'autres établissements comme Gérard-Philipe de Clermont-Ferrand, a été créé le mois dernier. Il demande une intégration "en urgence" en REP+ dès la rentrée 2025 et bénéficie du soutien de nombreux syndicats. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte où élèves et parents se sont rassemblés pour dénoncer un climat de "peur" après le tragique événement de mai.

Interrogé sur les raisons du retard, le Rectorat de Montpellier répond : "Les services du Rectorat suivent avec la plus grande attention ces demandes de classement en REP+. Dans cette attente, des moyens supplémentaires ont été déployés, comme des assistants d'éducation dans le cadre du plan tranquillité." Cependant, cette réponse est jugée insuffisante par les acteurs locaux, qui estiment que seuls un classement en REP+ et une refonte de la carte scolaire pourraient apporter des solutions durables.

La colère persiste parmi les enseignants et les familles, qui se sentent abandonnés par le système éducatif. Comme le résume Déborah Martinez : "Tous les ans, on nous dit de patienter, mais rien ne change. Nous sommes face à un état de fait inacceptable où des établissements comme les nôtres, avec une situation dégradée, restent exclus des réseaux prioritaires." L'avenir de ces collèges et de leurs élèves reste incertain, alors que les besoins criants exigent une action rapide et concrète.

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