Alors que le baccalauréat se profile, une tribune signée par des enseignants et des intellectuels alerte sur le risque de voir la philosophie devenir un privilège. La réforme du lycée, qui instaure des spécialités, pourrait marginaliser cette discipline, pourtant essentielle à la formation de citoyens éclairés.
Un enseignement menacé
Depuis la mise en place de la réforme, le nombre d'heures de philosophie en terminale a été réduit. Les auteurs de la tribune dénoncent une logique de rentabilité qui sacrifie la réflexion critique au profit de matières jugées plus "utiles" pour l'orientation. La philosophie serait reléguée au rang d'option, accessible seulement à ceux qui peuvent se permettre de choisir des cours sans débouchés immédiats.
Une question d'égalité
Les signataires rappellent que la philosophie a historiquement été un outil d'émancipation. En la réservant à une élite, on creuse les inégalités. Les élèves des milieux défavorisés, déjà moins bien orientés vers les filières générales, seraient les premiers exclus. Or, la philosophie permet de développer un esprit critique indispensable pour comprendre le monde et agir en citoyen.
Un appel à la mobilisation
Face à cette menace, les auteurs appellent à une mobilisation citoyenne pour défendre un enseignement de la philosophie obligatoire et égalitaire pour tous les lycéens. Ils proposent notamment de maintenir un tronc commun incluant la philosophie, plutôt que de la cantonner à une spécialité élitiste. L'enjeu est de taille : il s'agit de préserver la dimension humaniste de notre système éducatif.
Cette tribune intervient alors que le ministère de l'Éducation nationale réfléchit à de nouveaux ajustements de la réforme. Les signataires espèrent que leur voix sera entendue et que la philosophie restera une matière fondamentale, accessible à chaque élève, quelle que soit son origine sociale.



