Un projet de carte scolaire qui inquiète sur le bassin d'Arcachon
Les instances de l'Éducation nationale ont entamé leurs réflexions pour la rentrée scolaire de 2026 dans le département de la Gironde. Comme chaque année au mois de mars, ces discussions visent à anticiper les besoins en matière d'effectifs d'élèves, de répartition des classes et de postes d'enseignants. Un premier groupe de travail s'est réuni ce jeudi, et les documents préparatoires, transmis notamment aux organisations syndicales, esquissent un scénario préoccupant pour l'arrondissement d'Arcachon.
Un solde largement négatif : seize fermetures contre trois ouvertures
Le projet actuel prévoit la fermeture de seize classes et l'ouverture de seulement trois nouvelles pour la rentrée 2026 sur le territoire d'Arcachon. Cette tendance négative se confirme ainsi d'année en année, perpétuant une dynamique de réduction de l'offre scolaire locale. Depuis 2022, ce sont plus d'une trentaine de classes qui ont déjà disparu dans ce secteur.
Le détail des fermetures envisagées est éloquent :
- Pour l'élémentaire, une classe serait supprimée à l'école Capsus d'Andernos, deux à Biganos (écoles Jules-Ferry et Lac vert), une à l'école Gall de Lanton, une à l'école du Bourg de Lège-Cap-Ferret.
- Deux fermetures sont prévues à Brémontier, dont la classe Singapour, spécifiquement réservée aux enfants des militaires singapouriens en formation sur la base aérienne 120 de Cazaux.
- Une classe serait également supprimée à Gambetta (La Teste-de-Buch), une au Barp (Ballion), une au Delta et une à Val des Pins (Le Teich), une à Lugos et une à Salles (Rive gauche), une à Lacanau-de-Mios et une aux Batailles (Arcachon).
- Enfin, une classe de maternelle serait supprimée à Salles, au sein de l'école des Mimosas.
En contrepartie, seulement trois ouvertures sont programmées : une classe de maternelle à Chante-Cigale, une classe élémentaire à Pasteur (Gujan-Mestras), et une autre classe élémentaire à Samuel-Paty (La Teste-de-Buch).
Les syndicats dénoncent et appellent à la mobilisation
Face à ce projet, les réactions syndicales sont vives. Le Snudi-FO Gironde parle, à l'échelle départementale, d'une "véritable saignée" et qualifie le projet de carte scolaire "d'inacceptable". En réponse, des appels à la mobilisation ont été lancés, avec des rassemblements prévus devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (Dsden) ce mercredi 25 mars et ce jeudi 26 mars, jour où se tenait justement un groupe de travail sur cette carte scolaire.
Il est important de noter que les propositions actuelles ne constituent que des hypothèses de travail. La carte scolaire définitive pour 2026 sera susceptible d'être modifiée à l'issue des discussions avec les syndicats, les élus locaux, et sous la pression des mobilisations d'enseignants et de parents d'élèves, qui se multiplient traditionnellement à chaque annonce de suppression de classe. Des mouvements de protestation sont d'ores et déjà observés, comme à Salles par exemple.
Un calendrier de discussions encore ouvert
Le processus décisionnel se poursuivra dans les prochains mois. Les discussions se déplaceront au Comité social d'administration académique le 31 mars, puis le 30 juin, avant des ajustements ultimes prévus le 3 septembre prochain. Ce calendrier laisse donc une marge de manœuvre pour que les différents acteurs fassent entendre leur voix.
Une démographie paradoxale qui explique les fermetures
Comment expliquer cette vague récurrente de fermetures de classes dans un bassin de population qui, pourtant, ne cesse de croître ? La réponse réside dans une évolution démographique particulière. La population du bassin d'Arcachon augmente effectivement, mais elle vieillit simultanément, attirant un nombre croissant de retraités ou de personnes dont les enfants ont déjà quitté le système scolaire depuis longtemps. Cette dynamique se traduit par une baisse des effectifs d'élèves en âge d'être scolarisés, conduisant mécaniquement à un nombre de classes jugé excédentaire par les services de l'Éducation nationale. Les écoles se vident donc progressivement, justifiant, selon l'administration, les fermetures programmées.



