Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé, le 22 juin 2026, la mise en place d’un système d’alerte automatique destiné à signaler les cas de déscolarisation. Cette décision fait suite à la découverte, en avril dernier, d’un enfant séquestré en Alsace, qui n’était plus scolarisé depuis plusieurs années.
Un drame révélateur
L’affaire, qui a profondément ému l’opinion publique, concerne un enfant de 12 ans retrouvé dans un état de malnutrition avancée, enfermé dans une cave par ses parents. Selon le parquet de Strasbourg, l’enfant n’avait pas été scolarisé depuis l’âge de 6 ans. Les voisins et les services sociaux n’avaient pas signalé son absence, faute de mécanisme de détection efficace.
Le ministre a souligné que « cette tragédie aurait pu être évitée si un système d’alerte avait existé ». Il a précisé que le nouveau dispositif reposera sur le croisement des données entre l’Éducation nationale, les caisses d’allocations familiales et les registres d’état civil.
Fonctionnement du système
Concrètement, dès qu’un enfant en âge d’être scolarisé (entre 3 et 16 ans) ne sera plus inscrit dans un établissement scolaire pendant plus de 15 jours consécutifs, une alerte sera automatiquement déclenchée. Cette alerte sera transmise aux services de la protection de l’enfance et au maire de la commune de résidence. Le ministre a indiqué que « le système sera opérationnel dès la rentrée 2027 ».
Selon les chiffres du ministère, environ 30 000 enfants en France ne sont pas scolarisés, dont une partie pour des raisons non justifiées. Le ministre a ajouté que « nous ne pouvons pas tolérer que des enfants soient privés d’école et de protection ».
Réactions et critiques
L’annonce a été saluée par plusieurs associations de défense des droits de l’enfant, mais aussi critiquée par des défenseurs des libertés individuelles. La Ligue des droits de l’homme a mis en garde contre « une surveillance généralisée des familles ». Le ministre a répondu que « la protection de l’enfant prime sur toute autre considération ».
Le système devrait concerner en priorité les enfants non scolarisés sans motif valable, comme l’instruction en famille (IEF) qui reste autorisée sous conditions. Des contrôles renforcés seront également mis en place pour les familles pratiquant l’IEF.



