« On est maltraités depuis 20 ans » : les AESH et AED en colère à Montpellier
Ce mardi 16 décembre, plus d’une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sur la place de la Comédie à Montpellier. Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et les assistants d’éducation (AED) ont manifesté pour dénoncer des conditions de travail dégradées, qu’ils jugent intolérables après deux décennies de négligence.
Une frustration profonde face à l’inaction administrative
Laëtitia Marcos, représentante du syndicat Solidaire, a exprimé une colère palpable. « On est là parce qu’on n’accepte pas de continuer à être maltraités. Ça fait 20 ans que ça dure », a-t-elle déclaré. Elle insiste sur la nécessité d’un vrai statut pour reconnaître leur rôle et celui du handicap à l’école, qu’elle estime « complètement piétiné ». Cette AESH, en poste au collège Louis-Germain, critique également les réponses administratives reçues depuis septembre, qualifiées de « langue de bois ». « Pour eux, il faut que les élèves soient autonomes, donc ce n’est pas grave s’ils ont moins d’heures d’accompagnement », déplore-t-elle.
Des revendications précises pour améliorer l’accompagnement
Les AESH formulent des demandes concrètes pour remédier à la situation :
- Un temps complet de 24 heures pour l’accompagnement des élèves.
- L’arrêt de la mutualisation des accompagnements, avec un maximum de 2 élèves par AESH.
- Un recrutement massif pour combler les lacunes.
- La création d’un statut de la fonction publique de catégorie B et d’une évolution de carrière.
Anne-Véronique, AESH à la maternelle de Canet, souligne les conséquences néfastes de la dispersion des ressources. « On commence à faire du saupoudrage. L’accompagnement des enfants chute parce qu’on a besoin de créer un lien avec l’enfant », explique-t-elle. Elle met en avant l’importance de comprendre le fonctionnement de chaque élève pour fournir les outils adaptés à leur progression.
Des revendications similaires pour les AED
Les assistants d’éducation partagent des préoccupations quasi identiques. Leurs principales revendications incluent :
- Une augmentation des salaires pour revaloriser leur métier.
- La généralisation des contrats CDD d’une durée de 3 ans.
- Le droit au CDI après 6 ans de service.
- La fin de l’annualisation du temps de travail, jugée source d’instabilité.
Cette mobilisation à Montpellier met en lumière les défis persistants dans le secteur de l’éducation, où les professionnels réclament des changements structurels pour garantir un accompagnement de qualité et des conditions de travail dignes.



