Parcoursup : un rapport parlementaire dénonce un "échec politique" et propose 51 réformes
La plateforme d'orientation post-bac Parcoursup est saluée comme une "réussite technique" mais sévèrement critiquée pour son "échec politique", selon un rapport parlementaire adopté mardi en commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale. Les députés Pierrick Courbon (Parti socialiste) et Frantz Gumbs (groupe les Démocrates), auteurs du texte, pointent du doigt l'incapacité du dispositif à remplir ses missions législatives, notamment la réduction des taux de réorientation et d'échec en licence, ainsi que la démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur.
La persistance des inégalités socioculturelles
Le rapport souligne que Parcoursup, créé en 2018, "participe de la persistance des inégalités socioculturelles". Il constate que la plateforme n'a pas réussi à rééquilibrer la composition sociale de l'enseignement supérieur, permettant une massification sans parvenir à une réelle démocratisation. Pour remédier à cette situation et améliorer la transparence, les rapporteurs dressent une liste de 51 propositions concrètes.
Les principales propositions de réforme
Parmi les modifications suggérées, plusieurs visent à corriger les biais et opacités du système actuel :
- Supprimer la mention du lycée d'origine dans les dossiers de candidatures communiqués aux formations, afin de limiter les discriminations géographiques et sociales.
- Rendre effectives les 54 heures d'orientation prévues au lycée, car la réalité actuelle est très éloignée du besoin d'accompagnement individuel des jeunes.
- Supprimer la lettre de motivation, sauf si celle-ci est spécifiquement requise par une formation, pour uniformiser les critères d'évaluation.
- Instaurer un référentiel unique de notation des devoirs et d'évaluation des compétences dans le cadre du contrôle continu.
- Constituer une base de données des algorithmes locaux et en donner l'accès aux établissements, pour plus de transparence.
- Indiquer explicitement à quel stade de l'analyse des candidatures les différents critères de sélection affichés sont tous pris en compte.
Une consultation citoyenne approfondie
Les travaux des députés se sont appuyés sur des centaines d'auditions et une consultation citoyenne en ligne ayant recueilli 1 600 contributions. Cette démarche participative a permis d'identifier les attentes et les frustrations des usagers, renforçant la pertinence des propositions avancées.
Rappelons que les candidats sur Parcoursup, qu'il s'agisse d'élèves de terminale ou d'étudiants en réorientation, ont jusqu'au 12 mars pour formuler un maximum de 10 vœux non hiérarchisés, puis jusqu'au 1er avril pour finaliser leur dossier et confirmer leurs choix. Ce calendrier serré souligne l'urgence d'une réforme pour garantir une orientation plus juste et équitable.



