Pyrénées-Atlantiques : 250 enseignants manifestent contre la suppression de postes
250 enseignants manifestent contre les suppressions de postes

Mobilisation massive des enseignants contre la réforme de la carte scolaire

Ce mardi 31 mars, une intersyndicale du monde enseignant a rassemblé plus de 250 manifestants au pied de l'immeuble de l'inspection d'académie à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Cette mobilisation coïncidait avec l'examen de la carte scolaire pour la rentrée 2026, un document que les syndicats qualifient de "zéro pointé".

Une protestation contre la suppression programmée de postes

Les syndicats dénoncent unanimement l'injonction gouvernementale de supprimer des postes au motif de la baisse démographique scolaire. "23 postes à rendre dans le premier degré, ce sont plus d'une cinquantaine d'écoles qui subiraient une fermeture de classe, pour seulement une douzaine qui ouvriraient", précise l'intersyndicale. Selon les représentants, cette équation ne serait valable que si l'Éducation nationale était en bonne santé, ce qui est loin d'être le cas selon eux.

Un système éducatif jugé "exsangue"

Les prises de parole successives sur la place d'Espagne ont dressé un constat sombre. Enseignants, directeurs d'école, AESH, psychologues, Atsem et élèves sont tous décrits comme étant en souffrance. Pour la première fois, le budget de la défense passe devant celui de l'Éducation nationale, souligne l'intersyndicale, illustrant ce qu'elle perçoit comme un déséquilibre des priorités.

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Les manifestants estiment que la baisse des effectifs élèves devrait au contraire permettre :

  • Une réduction significative du nombre d'élèves par classe
  • La création de postes pour accueillir tous les élèves
  • Un meilleur accompagnement des élèves en difficulté

Des inquiétudes spécifiques sur l'inclusion scolaire

Un chapitre entier des revendications est consacré à la prise en charge des élèves en situation de handicap. Les syndicats dénoncent une situation désastreuse avec des AESH "toujours moins nombreux". La transformation programmée des postes de Rased (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) en "pôle ressource" est particulièrement critiquée, car elle compromettrait selon eux la mission d'inclusion scolaire.

Un inventaire des difficultés du système éducatif

Les interventions ont dressé un panorama complet des déficits de l'Éducation nationale :

  1. Pénurie inquiétante de remplaçants
  2. Dégradation des conditions de travail des directeurs d'école
  3. Absence de décharge hebdomadaire pour la moitié des directeurs
  4. Augmentation prévisible des directeurs sans décharge l'an prochain suite aux fermetures de classes

"Cela génère une souffrance au travail palpable à travers la trentaine de fiches santé sécurité et conditions de travail déposées depuis la rentrée scolaire", a indiqué un intervenant au micro.

Conséquences immédiates de la mobilisation

La réunion du conseil départemental de l'éducation nationale (CDEN) n'a finalement pas pu se tenir, faute de quorum. La présentation à la presse des effectifs de la prochaine rentrée scolaire a été reportée de 24 heures. Le cortège s'étant étiré jusqu'à la grille de la préfecture, l'intersyndicale a appelé à un nouveau rassemblement ce mercredi 1er avril à 14 heures, heure à laquelle a été reprogrammée la séance initialement prévue ce mardi.

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