Romance halal : la nouvelle tendance littéraire inclusive qui séduit toutes les lectrices
Romance halal : une littérature inclusive en plein essor

Qu’est-ce que la « romance halal » ?

Vous imaginez peut-être que le terme « halal » ne s’applique qu’à la viande. Pourtant, dans l’islam, il désigne ce qui est « permis » selon la religion, et cela concerne tous les aspects de la vie, y compris les relations amoureuses. Des autrices musulmanes, principalement anglophones mais aussi françaises, ont ainsi créé un nouveau genre littéraire : la « romance halal ». Ces histoires d’amour respectent les préceptes islamiques et offrent aux lectrices et lecteurs une évasion tout en restant dans un cadre pudique et respectueux.

Un genre qui cartonne chez les jeunes

Dans son roman Nous, malgré tout (éditions Scrineo), l’autrice LK Imany raconte l’histoire d’Amina, une jeune femme qui emménage à Grenoble pour ses études et rencontre Yahya, un auteur noir passionné et sensible. Ce récit illustre parfaitement les codes de la romance halal : une relation amoureuse qui se développe sans relation charnelle avant le mariage, avec un cadre islamique clair. « Si tout le monde est consentant, on va vers le mariage », explique l’autrice. Ce genre séduit particulièrement les jeunes lectrices, et pas seulement les musulmanes. Car la romance halal est avant tout une histoire d’amour sans « smut » (scènes de sexe), ce qui la rend accessible dès l’adolescence.

Un succès qui dépasse les attentes

LK Imany se réjouit que son livre puisse être partagé en famille : « Des gens m’ont dit qu’ils allaient le lire avec leur ado, ou le faire lire à leur fils. Mon livre peut être un support pour parler des relations amoureuses dès le collège, car il aborde le consentement, la connaissance de l’autre et le soutien mutuel. » La romance halal touche ainsi un public bien plus large que la romance classique. En 2023, les Français ont acheté plus de 6 millions d’ouvrages de romance, soit une hausse de 106 %, et en 2024, 30 des 100 romans les plus vendus en France appartenaient à ce genre. « J’ai écrit pour que la génération actuelle puisse grandir avec d’autres modèles », confie l’autrice. « L’idée n’est pas de tout jeter, mais de donner le choix aux jeunes. »

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Un parcours semé d’embûches

Malgré ce succès, LK Imany a rencontré des difficultés pour se faire publier. Elle a subi des retours racistes et islamophobes lors de l’envoi de ses manuscrits. Après une courte carrière dans un cabinet d’architecte où elle a souffert de racisme et de sexisme, elle s’est tournée vers le dessin et l’écriture. « Je faisais des illustrations et des recueils, mais je n’arrivais pas à me faire publier », se souvient-elle. « J’ai participé à un concours d’écriture de fantasy dans une grande maison d’édition, mais les retours étaient compliqués. J’ai alors tenté le marché anglophone, où la romance halal est plus développée. » Finalement, une éditrice fan de son travail d’illustration lui a proposé d’écrire des histoires en lien avec ses dessins. Aujourd’hui, l’autrice connaît un succès fulgurant grâce aux réseaux sociaux et au bouche-à-oreille.

Un avenir prometteur

Présente au Festival du Livre de Paris, son nouveau projet Nous, malgré tout a été sold-out lors de l’événement. « Il a été acheté par des personnes blanches, asiatiques, noires, afrodescendantes, nord-africaines, des personnes portant le hijab ou non, et même des personnes queers. Une grande diversité, et c’était très agréable », conclut-elle avec le sourire. La romance halal semble donc promise à un bel avenir, portée par une demande croissante d’inclusivité et de représentativité dans la littérature.

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