Greenwashing : Volvic condamnée pour publicité trompeuse sur ses bouteilles
Greenwashing : Volvic condamnée pour publicité trompeuse

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné, le 29 juin 2026, la société Volvic (filiale de Danone) pour pratiques commerciales trompeuses. En cause : les mentions « neutre en carbone » et « 100 % recyclée » apposées sur ses bouteilles d'eau minérale naturelle, jugées trompeuses par les juges.

Des allégations environnementales contestées

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir et l’ONG ClientEarth avaient saisi la justice en 2024, dénonçant un « greenwashing » systématique. Selon elles, les affirmations de Volvic étaient mensongères : la neutralité carbone ne pouvait être atteinte par des compensations, et le plastique 100 % recyclé n’était pas vérifiable.

Le tribunal a suivi leur argumentation. Il a estimé que Volvic ne prouvait pas que ses bouteilles étaient effectivement fabriquées à partir de 100 % de plastique recyclé, et que la mention « neutre en carbone » reposait sur des crédits carbone contestables. La marque est donc condamnée à retirer ces mentions de ses emballages sous trois mois, sous astreinte de 10 000 euros par jour de retard.

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Des conséquences financières et d’image

En plus du retrait des mentions, Volvic devra publier un communiqué judiciaire sur son site internet et dans trois journaux nationaux, aux frais de la société. Le montant total de la condamnation n’a pas été précisé, mais l’UFC-Que Choisir a salué une « décision historique » qui « envoie un signal fort aux industriels ».

Contactée par l’AFP, la direction de Volvic a indiqué « prendre acte de la décision » et réfléchir à un éventuel appel. « Nous sommes engagés dans une démarche de réduction de notre empreinte carbone et nous devons mieux expliquer nos actions », a déclaré un porte-parole.

Un précédent dans le secteur de l’eau en bouteille

Cette condamnation intervient dans un contexte de durcissement des règles sur les allégations environnementales. En janvier 2026, la directive européenne « Green Claims » est entrée en vigueur, imposant aux entreprises de justifier scientifiquement toute affirmation écologique. Volvic est l’une des premières grandes marques à être sanctionnée en France sous ce nouveau cadre.

L’UFC-Que Choisir a rappelé que « les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’environnement, mais qu’ils ne doivent pas être trompés par des arguments marketing ». L’ONG ClientEarth a ajouté que « les compensations carbone ne remplacent pas une réelle réduction des émissions ».

Réactions et perspectives

L’association Agir pour l’Environnement a également salué le jugement, estimant qu’il « met fin à une pratique trompeuse qui a duré des années ». De son côté, le ministère de la Transition écologique a indiqué suivre l’affaire avec attention, et pourrait renforcer les contrôles sur les allégations environnementales dans les mois à venir.

Volvic, qui commercialise environ 1,5 milliard de bouteilles par an, devra désormais revoir sa communication. Selon des experts, le coût du changement d’emballage et des campagnes de communication pourrait atteindre plusieurs millions d’euros.

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