Carlo : l'appli qui reverse 5% aux clients des commerces bordelais
Carlo reverse 5% aux clients des commerces bordelais

Face à la concurrence de la vente en ligne, l'application de paiement Carlo récompense les clients qui privilégient les commerces de proximité adhérents, en leur reversant 5 % du montant de leurs achats. Pour son fondateur, Antoine Bahri, l'objectif est de « redynamiser les centres-villes ».

Un contexte économique difficile

Le constat est avéré depuis des mois. Au dernier trimestre 2024, l'économie girondine a continué de se dégrader. Tout particulièrement dans le secteur du commerce, où le tribunal de Bordeaux a enregistré une forte hausse des procédures de liquidation. Pour les commerçants qui demeurent en activité, les chiffres d'affaires accusent une baisse de 30 %. C'est précisément pour « soutenir l'économie locale et redynamiser les centres-villes » qu'Antoine Bahri a fondé l'application Carlo, il y a cinq ans.

Comment fonctionne Carlo ?

Depuis un téléphone, elle permet de régler ses achats, mais offre surtout au client de recevoir instantanément dans une tirelire virtuelle 5 % du montant de ses emplettes – un cashback – à dépenser à sa guise chez n'importe quel commerçant bordelais adhérent au dispositif. Déployée à l'automne à Bordeaux, Carlo compte déjà près d'une centaine de partenaires : boutiques de mode, déco, coiffeurs, fleuristes ou restaurants.

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« Nous avons à cœur de mettre en valeur les commerçants indépendants, qui représentent 90 % des enseignes présentes sur Carlo », souligne Antoine Bahri. Cela n'exclut pas les chaînes nationales, tant qu'elles participent de l'économie locale et permettent aux commerçants de « lutter contre la concurrence de la vente en ligne ».

Découverte et fidélisation

La dynamique porte déjà ses fruits, rapporte Nathanaëlle Leshem, directrice du développement : « 90 % des utilisateurs déclarent avoir découvert un nouveau commerce via l'appli. » Mieux encore, « 82 % d'entre eux disent revenir chez ces mêmes commerçants ». Daphné de Malezieux a été nommée city manager à Bordeaux pour le déploiement et l'animation de l'application.

L'intérêt de Carlo n'est pas seulement de fidéliser les quelque 8 000 Bordelais déjà connectés. Ce chiffre croît chaque jour, car tout utilisateur voit sa cagnotte fructifier à chaque nouveau parrainage. « C'est aussi un outil au service des commerçants », insiste le fondateur, avec « une communauté d'acteurs économiques locaux qui gagnent en visibilité » grâce aux opérations de communication mises en place par l'application. De l'e-mailing au partenariat avec des influenceurs locaux, chacun « gagne en notoriété », assure Nathanaëlle Leshem, ainsi qu'en chiffre d'affaires : Carlo « mesure une augmentation de 20 % du panier moyen ».

Un modèle éprouvé ailleurs

Le modèle a fait la preuve de son efficacité sur la dynamique locale dans des villes aussi différentes que Monaco et Aix-en-Provence. L'arrivée de Carlo à Bordeaux ne doit rien au hasard. Au-delà de l'attractivité de la ville, le fondateur et la directrice du développement y ont trouvé « des consommateurs engagés » et « une volonté chez les commerçants, visités en mai dernier, de se fédérer ».

Un réseau qui profite d'une city manager à demeure à Bordeaux. Pour relocaliser la consommation, Daphné de Malezieux fait découvrir l'application dans les 9 000 commerces et services marchands bordelais et anime la communauté portée par une dynamique collective. Cet esprit, autant que « le propos politique de s'engager pour une consommation locale », ont conquis Sara et Matthieu, qui viennent d'affilier Matsa Caffé à Carlo.

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