À Cannes, elle vit du vintage grâce à Instagram et ses lives
À Cannes, elle vit du vintage grâce à Instagram

Chloé Bergont, une habitante de Cannes La Bocca âgée de 34 ans, a transformé sa passion pour les vêtements vintage en une activité professionnelle à plein temps. Elle quitte ses petits boulots alimentaires pour se consacrer à la chine et à la revente de pièces colorées et originales via des lives sur son compte Instagram nommé « C'est tout fripé ». Sa communauté de clientes s'étend désormais dans toute la France.

Un style hérité de l'enfance et une timidité surmontée

Le goût pour les vêtements flashy remonte à son enfance, où sa mère l'habillait déjà de robes à fleurs. Pourtant, derrière ses looks affirmés se cache une timidité presque maladive. « À l'école, je pleurais quand je devais passer au tableau », confie-t-elle. Au collège, ses choix vestimentaires lui valent le surnom de Babybel car elle s'habillait toujours en rouge. Elle souhaitait devenir styliste, mais le manque de confiance en elle l'a freinée. Après des études à la fac de lettres de Nice, elle enchaîne les petits boulots sans jamais abandonner sa passion pour les fripes.

Le vintage comme remède à la morosité

Après la pandémie de Covid-19, Chloé s'investit de manière plus intensive dans la chine. « C'est un remède à la morosité ambiante. Aujourd'hui, tout est gris, noir, beige dans les magasins. Je veux colorer le monde, amener de la joie ! », déclare-t-elle. Elle considère les imprimés et les couleurs comme un superpouvoir. Pour ceux qui hésitent pour des raisons d'hygiène, elle rassure : « Tout se lave et se désinfecte ! On dort bien dans des hôtels, on mange avec des couverts au restaurant… » Elle partage des astuces comme l'utilisation de vodka ou le passage au congélateur pour neutraliser les odeurs tenaces.

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Un parcours semé d'embûches avant le succès

Avant de cartonner sur les réseaux sociaux, Chloé a lancé un marché vintage à Grasse et organisé des ventes éphémères chez des commerçants, sans grand succès. « Ça ne marchait pas trop, j'ai failli arrêter plein de fois… », avoue-t-elle. Le déclic est venu grâce à Luisa Pouletaud, créatrice du concept-store Filles en carton, avec qui elle a réalisé ses premières ventes en live. « Ça a été un coup de foudre amical, elle m'a beaucoup encouragée à me lancer. » Pour cette introvertie, l'exercice du live a été presque thérapeutique : « C'est ce qui a fait qu'aujourd'hui, je me lance sans filet pour vivre de ma passion. Je ne veux pas avoir de regrets. »

Des lives hebdomadaires et une communauté fidèle

Plusieurs fois par semaine, Chloé anime des lives de deux à trois heures sur Instagram, qu'elle compare à du téléachat. Elle y présente une cinquantaine de vêtements, les essaie, interagit avec les clientes, et la première qui écrit remporte la pièce. Aujourd'hui, elle vend ses trésors dans toute la France. Fédérer une communauté soudée lui a donné confiance en elle : « C'est la magie des réseaux sociaux, ça a du bon aussi… » Pour renouveler son stock et gâter ses clientes, elle organise chaque fin de mois des braderies où tout est proposé à 5 euros, avec un quatrième article offert pour trois achetés.

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