Body positive n'a pas tué le summer body, selon une étude
Body positive n'a pas tué le summer body

Le mouvement body positive, qui prône l'acceptation de tous les corps, n'a pas réussi à enterrer l'obsession du « summer body ». Selon une étude réalisée par l'institut de sondage YouGov pour le compte de la marque de compléments alimentaires QNT, 68 % des Français déclarent vouloir perdre du poids ou affiner leur silhouette avant la période estivale. Ce chiffre, bien que élevé, est en légère baisse par rapport aux années précédentes, où il atteignait 72 % en 2019.

Un idéal esthétique toujours présent

L'étude, menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 005 personnes, montre que l'idéal du corps parfait pour l'été reste ancré dans les mentalités. Ainsi, 42 % des sondés affirment se mettre au régime ou intensifier leur activité physique à l'approche des vacances. Les femmes sont particulièrement concernées : 74 % d'entre elles déclarent vouloir modifier leur silhouette, contre 62 % des hommes.

« Le body positive a certes permis de libérer la parole et de déstigmatiser certains corps, mais il n'a pas effacé les pressions sociales liées à l'apparence », explique le Dr. Sophie Orange, sociologue spécialiste des normes corporelles. « L'été reste une période anxiogène pour beaucoup, avec la peur du regard des autres sur la plage. »

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Des disparités générationnelles

L'enquête révèle également des différences selon l'âge. Chez les 18-24 ans, 58 % disent vouloir perdre du poids avant l'été, un taux inférieur à la moyenne nationale. En revanche, chez les 35-44 ans, la proportion monte à 76 %. « Les jeunes générations, plus exposées au body positive sur les réseaux sociaux, semblent moins obsédées par le summer body », analyse le Dr. Orange. « Mais cela ne signifie pas pour autant qu'elles échappent à toutes les injonctions. »

Les méthodes employées pour atteindre cet objectif sont variées : 34 % des personnes interrogées comptent sur le sport, 28 % sur un régime alimentaire, et 12 % sur des compléments alimentaires. Seuls 6 % envisagent de recourir à des interventions chirurgicales ou esthétiques.

Un impact commercial persistant

L'industrie du bien-être et de la minceur continue de capitaliser sur cette quête du corps idéal. Les ventes de produits amincissants et de programmes fitness connaissent un pic chaque printemps. Selon une étude de marché de Xerfi, le secteur des compléments alimentaires minceur a généré 320 millions d'euros de chiffre d'affaires en France en 2022, en hausse de 5 % par rapport à 2021.

« Le summer body est un concept marketing qui fonctionne toujours », confirme Claire Delmas, directrice marketing chez QNT. « Mais nous constatons que les consommateurs sont de plus en plus exigeants : ils veulent des produits naturels, efficaces et respectueux de leur santé. »

Vers une évolution des mentalités ?

Malgré la persistance de l'idéal du summer body, des signes d'évolution sont perceptibles. Ainsi, 57 % des Français estiment que les médias et les marques devraient montrer davantage de diversité corporelle. Par ailleurs, 23 % des sondés disent avoir déjà renoncé à un régime ou à une séance de sport parce qu'ils estimaient que leur corps était acceptable tel quel.

« Le body positive a semé des graines qui commencent à germer », conclut le Dr. Orange. « Mais le chemin est encore long pour que l'acceptation de soi devienne la norme, surtout à l'approche de l'été. »

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