Bandol : les derniers jours de la Libération racontés par des témoins
Bandol : les derniers jours de la Libération racontés par des témoins

Il y a 82 ans, le 23 août 1944, Bandol vivait ses dernières heures sous l'Occupation. Les journaux intimes de Jean Dutheil, Suzanne Guillocheau-Boyer et Roger Deligny, exhumés par l'historien local Jean-Marie Schneider, racontent en direct la journée décisive de la Libération de la ville et celles qui ont suivi. Ces témoignages, publiés dans notre édition du 21 août, font revivre la paix retrouvée à Bandol, avec ses ultimes soubresauts.

Mercredi 23 août 1944 : « Prisonniers en pagaille »

Jean Dutheil note sur son agenda : « J'ai noté sur mon agenda à la date du 22 août. Reçu à dîner tout l'état-major du 7e Chasseur d'Afrique. Aujourd'hui le plus beau jour depuis 4 ans ! Mais… Il y a eu 10 blessés au PC du régiment. Demain tout doit être liquidé. Espérons-le ! La batterie de Pierredon doit se rendre… Le lieutenant Brunel est allé à Toulon où le lieutenant-colonel Bonjour a installé son PC. Prisonniers en pagaille. »

Suzanne Guillocheau-Boyer décrit une nuit plus calme : « Nuit plus calme. Le sommeil et la fatigue l'emportent sur le bruit du bombardement et l'assaut des moustiques. On s'y fait ! Je prends le temps de me réapproprier chez moi ; mais une nouvelle rafale d'obus, me fait regagner rapidement la tranchée. Dans la soirée nous apprenons avec satisfaction que le fameux canon qui nous veut du mal a été repéré, et que nous en serons rapidement débarrassés. »

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Roger Deligny relate un drame : « Quand le bombardement parut terminé, la famille sortit de son abri ; c'est à ce moment qu'un obus s'abattit dans le jardin. Il était 12 heures 10. Un éclat blessa mortellement à la gorge Madame Henriette Deligny. Elle fut l'unique victime civile des événements de la libération, à Bandol même. »

Jeudi 31 août 1944 : « Je m'arrête. Les gens heureux n'ont pas d'histoire »

Une semaine après la libération, Suzanne Guillocheau-Boyer conclut son journal : « Matinée, tout ce qu'il y a de plus plate. Le grand souci est de trouver à manger. Aucun ravitaillement nulle part. Nous vivons sur nos maigres réserves et sortons de table avec grand désir de recommencer. Pas de pain comme promis. Mon journal perd de son attrait. Plus rien à signaler. Je m'arrête. Les gens heureux n'ont pas d'histoire… »

Ces écrits intimes, conservés par l'historien local Jean-Marie Schneider, offrent un témoignage précieux sur les dernières heures de la Libération de Bandol, il y a 82 ans. Ils complètent le récit des libérateurs du 7e Chasseur d'Afrique, accueillis en héros par la population. La ville célèbre aujourd'hui cet anniversaire, rappelant le sacrifice de Madame Henriette Deligny, seule victime civile de ces événements à Bandol même.

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