Une succession délicate pour le Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon
Les élus du Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon (Siba) se réunissent ce mardi 21 avril pour désigner leur nouveau président, dans un contexte particulièrement sensible. Cette élection intervient après un mandat marqué par d'importantes turbulences, notamment la crise sanitaire de l'hiver 2023-2024 et les procédures judiciaires qui en ont découlé.
Un poste devenu peu attractif
La présidence du Siba, qui représente les douze communes du Bassin et gère principalement l'assainissement collectif ainsi que le réseau pluvial, aurait normalement dû susciter de nombreuses candidatures. Pourtant, cette fois-ci, les volontaires se font rares. La situation contraste fortement avec l'élection précédente, il y a six ans, lorsque le maire d'Arcachon Yves Foulon avait été désigné avec un large consensus.
Le manque d'enthousiasme des élus locaux s'explique principalement par les récents événements qui ont ébranlé l'institution. Les pluies exceptionnellement intenses et prolongées de l'hiver 2023-2024 ont provoqué le débordement des réseaux d'eaux pluviales, entraînant à leur tour la saturation des systèmes d'assainissement. Cette cascade de dysfonctionnements a conduit à la dispersion d'eaux usées dans le Bassin, déclenchant une grave crise sanitaire.
Des conséquences judiciaires persistantes
Cette crise environnementale a donné lieu à des plaintes déposées par des associations de protection de l'environnement et des ostréiculteurs, aboutissant à l'ouverture d'une enquête pour pollution et écocide. Des gardes à vue, des auditions et diverses expertises ont suivi, et ces procédures judiciaires sont toujours en cours. Le futur président du Siba devra donc hériter de ce lourd dossier, ce qui explique en grande partie la réticence des potentiels candidats.
Le retrait du président sortant
Yves Foulon, le président sortant, a clairement indiqué qu'il ne souhaitait pas renouveler son mandat dans ce contexte difficile. Sa décision est également influencée par des considérations personnelles, notamment l'affaire des insultes proférées à l'encontre de son opposant écologiste Vital Baude. Cette hypothèse de candidature est donc définitivement écartée.
Les autres prétendants éventuels
Plusieurs noms avaient circulé comme possibles successeurs :
- Yves Rosazza, maire d'Andernos, avait exprimé un intérêt conditionnel juste après les élections municipales, mais n'a pas donné suite concrète.
- Loïc Ballongue, nouveau maire de Lanton et suppléant de la députée Renaissance Sophie Panonacle, avait également manifesté un éventuel intérêt. Cependant, sa candidature aurait représenté une rupture politique notable, puisque la députée s'était opposée aux réponses apportées par le Siba face aux débordements d'eaux usées. Cette position rendait difficile l'obtention d'un consensus parmi les élus de l'intercommunalité.
Bruno Lafon, candidat consensuel
La candidature la plus probable reste celle de Bruno Lafon, maire de Biganos. À ce jour, il apparaît comme le seul candidat déclaré, ce qui rend son élection très vraisemblable. Plusieurs facteurs jouent en sa faveur :
- Sa personnalité consensuelle lui permet de maintenir de bonnes relations avec une large majorité des maires du Bassin.
- Il entretient des rapports positifs avec la députée Sophie Panonacle et avec les ostréiculteurs, notamment Olivier Laban, président du Comité régional conchylicole Arcachon Aquitaine.
- Il a montré un intérêt réel pour le poste malgré le contexte délicat, contrairement à d'autres élus qui ont préféré se tenir à distance.
Certes, ses relations avec certains élus de la Communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon nord (Coban) restent tendues, mais cela ne semble pas compromettre ses chances de succès. Son élection représenterait une continuité dans la gestion des dossiers en cours, tout en apportant un nouveau leadership face aux défis judiciaires et environnementaux.
Les communes concernées
Le Siba regroupe douze communes du Bassin d'Arcachon : Arcachon, La Teste-de-Buch, Gujan-Mestras, Le Teich, Biganos, Mios, Marcheprime, Audenge, Lanton, Andernos-les-Bains, Arès et Lège-Cap-Ferret. Les décisions prises par le nouveau président impacteront directement ces territoires, notamment en matière de gestion de l'eau et d'environnement.
La réponse à cette question cruciale de succession sera donc connue ce mardi 21 avril, lors du conseil syndical. L'élection de Bruno Lafon semble la plus probable, mais elle devra s'accompagner d'une capacité à gérer les dossiers sensibles hérités de la précédente mandature, tout en restaurant la confiance des citoyens et des acteurs économiques locaux, particulièrement les ostréiculteurs touchés par la crise.



