À Wissembourg, dans le Bas-Rhin, les riverains sont en colère face à l'installation d'une antenne 5G de 30 mètres de haut par SFR. Une pétition a recueilli 400 signatures, mais le projet n'a pas bougé. La municipalité avoue son impuissance, et les habitants se sentent trahis par leurs élus.
Un projet contesté dès le début
Le projet a été lancé en février 2026, et rapidement une pétition a circulé, recueillant 400 signatures, dont celles de certains élus locaux. Les habitants s'inquiètent des risques pour la santé et de la dépréciation de leurs biens. Une riveraine, dont la maison se trouve à seulement 36 mètres du pylône, a déclaré : « Si les autorités recommandent d’implanter les antennes relais à plus de 100 mètres d’une crèche ou d’un hôpital, c’est bien qu’il y a un danger. Et puis nos maisons vont perdre 30 % de leur valeur. »
Lors de la découverte du projet, la maire de l'époque, Sandra Fischer-Junck, aurait réagi en disant : « Punaise, c’est vrai, c’est proche ! » Cette réaction montre que la proximité de l'antenne avec les habitations est un problème évident.
Des promesses non tenues
Après une première réunion en mars 2026, la municipalité, le consultant SFR et les riverains semblaient d'accord pour déplacer l'antenne. Mais rien n'a changé depuis. La mairie a changé de maire entre-temps, et le nouveau maire André Krieger, avec son premier adjoint Serge Castel, a repris le dossier. Ils ont transmis les observations des riverains à l'Agence Territoriale d'Ingénierie Publique, qui instruit les demandes préalables. Mais la réponse a été claire : « le dossier était clean, donc on ne peut rien faire. »
André Krieger explique que « le maire ne dispose d’aucun pouvoir de police pour réglementer l’implantation de ces équipements sur sa commune ». Cette impuissance est mal vécue par les habitants. Une riveraine a exprimé sa déception : « La municipalité a découvert le truc sans prendre conscience de l’impact. Elle n’a même pas ouvert le dossier sinon elle se serait rendu compte des incohérences. On a fait confiance aux élus de proximité, on n’aurait pas dû. »
Un problème national
Ce cas n'est pas isolé. Des litiges similaires ont poussé les parlementaires à travailler sur une loi visant à donner aux maires plus de leviers pour gérer l'implantation des antennes-relais. Cette loi a été déposée au Sénat le 20 février 2024, mais elle est toujours en attente d'un examen complet par le Parlement, selon France 3 Grand-Est.
Dans l'Hérault, à Bousquet-d'Orb, des habitants se sont également mobilisés contre une antenne Bouygues de 18 mètres. À Villeneuve-lès-Béziers, la population et la mairie sont unies contre une nouvelle antenne 5G, tandis que dans le nord de Montpellier, un rassemblement est prévu pour protester contre l'installation d'antennes 5G.
L'impact sur les riverains
Les riverains de Wissembourg restent inquiets pour leur santé et la valeur de leurs biens. Ils estiment que les autorités ne prennent pas leurs craintes au sérieux. La situation est d'autant plus frustrante que la loi tarde à être adoptée, laissant les maires sans pouvoir face aux opérateurs télécoms.
En attendant, le projet d'antenne 5G semble suivre son cours, malgré l'opposition locale. Les habitants espèrent que la pression médiatique et politique pourra faire évoluer les choses, mais ils restent sceptiques. Comme le dit l'une d'entre eux : « On a fait confiance aux élus de proximité, on n’aurait pas dû. »



