Face à l’intensification des vagues de chaleur, la ville de Grenoble a transformé une ancienne place bitumée en un vaste parc urbain, baptisé « ville-parc ». Ce projet, inauguré en juin 2024, vise à lutter contre les îlots de chaleur qui rendent la ville particulièrement vulnérable lors des épisodes caniculaires.
Un projet né de la nécessité climatique
La place, située dans le quartier de la Villeneuve, était auparavant recouverte de bitume, ce qui contribuait à emmagasiner la chaleur et à créer un microclimat étouffant. « On a créé la ville-parc là où régnait le bitume », explique Éric Piolle, maire de Grenoble. Le projet, mené en concertation avec les habitants, a consisté à déminéraliser 2,5 hectares de surface, à planter plus de 200 arbres et à créer des espaces de jeux et de détente.
Des résultats concrets contre les îlots de chaleur
Selon une étude menée par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), la température au sol dans le parc est inférieure de 10 à 15 degrés par rapport aux surfaces bitumées environnantes. « Les mesures montrent que la végétalisation permet de réduire significativement la chaleur ressentie », confirme un ingénieur du Cerema. Le parc est également équipé d'un système de récupération des eaux pluviales pour l'arrosage.
Un modèle pour d'autres villes
Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large de la métropole grenobloise pour adapter la ville au changement climatique. D'autres opérations de végétalisation sont prévues dans les quartiers de l'Île Verte et de l'Esplanade. « Nous voulons montrer qu'il est possible de transformer le bitume en espaces de vie agréables et frais », ajoute Éric Piolle. Le projet a coûté 4,5 millions d'euros, financés par la ville, la métropole et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).
Un impact sur la qualité de vie
Les habitants du quartier se félicitent de cette transformation. « Avant, c'était une fournaise, on ne pouvait pas s'asseoir dehors. Maintenant, on vient avec les enfants, on respire », témoigne une riveraine. Le parc accueille également des événements culturels et des marchés de producteurs locaux. Selon la mairie, la fréquentation du site a augmenté de 60 % depuis sa réouverture.
Un défi pour l'urbanisme de demain
Alors que les canicules deviennent plus fréquentes et plus intenses, les villes sont contraintes de repenser leur aménagement. Grenoble, qui a déjà été pionnière dans la végétalisation des toits, espère inspirer d'autres collectivités. « Il faut désimperméabiliser les sols, planter des arbres, créer des îlots de fraîcheur. C'est un investissement pour la santé publique et pour l'adaptation au changement climatique », conclut Éric Piolle.



