Les découvertes de quartiers méconnus ou déprisés de l’agglomération bordelaise ont repris ce samedi 16 mai. On a suivi la première balade d’Alternative urbaine dans le secteur Capucins-cours de la Marne : évocation de l’histoire du marché, fresques de street art et regard subjectif sur le quartier, assumé comme tel.
Une guide débutante pour un public curieux
« Je suis ravie de vous rencontrer. Un peu stressée aussi. Vous êtes mon public crash-test. » Camille, 27 ans, fait ses débuts d’éclaireuse pour Alternative urbaine ce samedi 16 mai. En ce printemps, cette association entame sa dixième saison de « balades urbaines » dans des quartiers méconnus ou déprisés de l’agglomération bordelaise, en en confiant l’accompagnement à des personnes éloignées de l’emploi ou en reconversion professionnelle.
Pour le secteur Capucins-cours de la Marne, ils sont deux à proposer un parcours découverte. Dont Camille, master de lettres en poche. Pour elle qui aimerait devenir professeur de français langue étrangère, cette expérience est un moyen d’apprendre à s’adresser à un public. En face d’elle, une petite dizaine de personnes, plutôt au-dessus de 50 ans et plutôt CSP+. Dont plusieurs ex-Parisiens installés à Bordeaux, pour qui cette balade est une occasion d’en apprendre plus sur leur nouvelle commune.
Un parcours entre histoire et street art
Au menu, une boucle allant du marché des Douves à la place André-Meunier en passant par les rues Elie-Gintrac, Kléber et Ferbos. Un peu plus d’un kilomètre effectué en une heure et demie environ. Camille a choisi d’insister sur « la tradition d’accueil et d’entraide qui marque ce quartier depuis l’arrivée des frères capucins, un ordre mendiant, au XIVe siècle ».
D’un arrêt à l’autre, elle évoque la présence d’un marché aux bestiaux dès le XVIIIe siècle sur la place des Capucins, les vendeuses à la charrette, présentes jusque dans les années 2000, l’importance de l’immigration espagnole, dont témoigne la rue Giner de Los Rios, l’ancien « quartier des pestiférés » près du lycée Gustave-Eiffel. Sans oublier de citer les nombreux collectifs du secteur, ou les fresques de street art sur les murs.
Station Marne, entre le cours de la Marne et la rue Elie-Gintrac, cette fresque d’André Lhote de 1955 est accessible au grand public. Dans un lieu géré par l’Université de Bordeaux, on découvre aussi une fresque d’André Lhote, figure bordelaise de la peinture cubiste, accessible au grand public depuis la fin 2024.
Un regard subjectif mais documenté
Les choix de Camille sont subjectifs et assumés comme tels. Différents de ce que proposerait un guide touristique. Mais ils sont étayés par de solides recherches. Les participants à la balade apprécient. Applaudissements, remerciements. « On pourra à notre tour servir de guides quand des proches viendront à Bordeaux », sourit Arnaud.



