Le French Flyair a ouvert ses portes ce vendredi 28 août 2026 avec l'inauguration du village aéronautique. Pour le show aérien de la Patrouille de France, prévu ce dimanche, la Police Nationale met en place un dispositif de sécurité « optimal » à Menton, couvrant terre, mer et air. Le commissaire de police de Menton, Yannick Dupin, a détaillé les contours de ce dispositif pour Nice-Matin.
Un dispositif repensé face à une affluence attendue en hausse
L'année dernière, la manifestation avait attiré environ 65 000 personnes. Cette année, le spectacle s'annonce plus long, avec une durée d'environ deux heures contre une heure trente auparavant. Une école de voltige supplémentaire et le passage de l'A400M sont également au programme. Face à ces changements, Yannick Dupin affirme : « Mon objectif n'est jamais de reconduire à l'identique un dispositif d'une année sur l'autre. La société évolue, les menaces évoluent et l'événement lui-même évolue. »
Le commissaire précise sa méthode : « Je ne repars donc pas d'une feuille blanche, mais je me demande systématiquement : quels sont les nouveaux enjeux ? L'objectif est à chaque fois de monter en gamme et de proposer la sécurisation la plus optimale possible. » Il ajoute : « Il faut que le public se sente en sécurité, que mes effectifs puissent travailler eux aussi en sécurité et que l'événement puisse simplement bien se dérouler. »
Un périmètre piétonnisé et une sécurisation dynamique
Le dispositif diffère de celui de la Fête du citron. Ici, l'accès est totalement libre, sans contrôle de sacs ni billet. Pour pallier cette différence, une zone piétonnisée sera sanctuarisée afin d'éviter les véhicules-béliers ou toute intrusion malveillante. Le périmètre s'étendra du rond-point de Trinca jusqu'aux jardins Élysée-Reclus, englobant le bord de mer. Des blocs de béton et des moyens mobiles (véhicules, camions) fermeront l'espace, permettant à la foule d'occuper la chaussée, les trottoirs et la plage en sécurité.
Sur ce seul périmètre, environ 30 000 personnes sont attendues. Le commissaire explique cette hausse : « Cette année, davantage de publicité a été faite autour de l'événement. Nous sommes aussi quasiment à la rentrée scolaire, donc une grande partie des habitants sera revenue sur le territoire, tout en ayant encore beaucoup de touristes présents. » La difficulté réside dans la répartition du public sur un territoire très large, comme l'an dernier où les 65 000 personnes étaient dispersées sur les communes littorales.
Pour gérer les flux, une sécurisation dynamique est prévue avec des véhicules et des motos. Un binôme de motards de la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale) surveillera les flux de circulation. Un « deuxième périmètre », plus large, sera mis en place depuis le Cap Martin jusqu'aux hauteurs de Menton.
Des effectifs renforcés et une lutte anti-drone en deux temps
Plus d'une vingtaine de policiers seront mobilisés, avec des renforts départementaux. La compagnie d'intervention et un trinôme d'une brigade de sécurité routière seront présents, en plus des motards et des moyens anti-drone.
La lutte anti-drone se déroule en deux temps. Avant le spectacle, un drone observera les flux de population et la répartition sur le bord de mer, ainsi que les problématiques routières. Pendant le spectacle, un « dôme de protection aérienne » sera créé pour intervenir contre tout drone malveillant ou même un touriste qui ferait monter son appareil à une altitude dangereuse. « Aucun drone ne sera autorisé. Si un survol non autorisé est détecté, il sera immédiatement brouillé et le télépilote interpellé », prévient Yannick Dupin.
Le plan d'eau sera également sanctuarisé avec environ une dizaine de bateaux. Leur mission sera de « blanchir » la zone, c'est-à-dire de faire sortir tous les bateaux de plaisance. Cette mesure est cruciale pour que les avions disposent d'un périmètre visuel dégagé, notamment grâce aux rangées de bouées ancrées dans l'eau. En cas d'accident aérien, les moyens nautiques permettraient aussi d'intervenir rapidement.
Une opportunité unique pour la ville et le commissaire
La principale difficulté réside dans l'incertitude sur le nombre de visiteurs. « C'est un spectacle qui utilise les trois espaces : aérien, terrestre et maritime. Nous devons donc être capables de répondre simultanément à tous ces enjeux », explique le commissaire. Le risque terroriste est également pris en compte, avec un niveau Vigipirate renforcé et des effectifs capables d'intervenir immédiatement à l'intérieur du périmètre.
Yannick Dupin se dit confiant dans la capacité de Menton à accueillir un tel événement : « Je trouve remarquable qu'une ville comme Menton, qui compte environ 30 000 habitants, ait les capacités, aussi bien financières que relationnelles, d'accueillir deux années de suite la Patrouille de France. » Il souligne que la ville peut potentiellement accueillir l'équivalent de sa population habituelle en spectateurs, ce qui est « très positif pour son rayonnement, à l'échelle nationale comme internationale ».
Pour le commissaire, ce spectacle est une opportunité unique. Il confie : « J'ai vu la Patrouille de France plusieurs fois quand j'étais enfant. Je l'ai également vue lorsque j'ai participé au défilé du 14-Juillet en 2023, puis dans le cadre de missions de sécurisation à Paris. Et lorsque j'ai passé mes examens de télépilote et suivi ma formation à Salon-de-Provence, je les voyais s'entraîner tous les jours. » Il conclut : « lorsqu'on voit ces avions effectuer leurs figures dans le ciel, on redevient des enfants et on les regarde avec les yeux grands ouverts. C'est donc un vrai plaisir de pouvoir contribuer, de notre côté, à ce que le spectacle se déroule dans les meilleures conditions. »



