Six ressortissants français, dont l’identité n’a pas été révélée, comparaissent devant le tribunal pénal de Bagdad pour appartenance à l’organisation État islamique. L’audience, qui s’est brièvement tenue dimanche 20 septembre 2026, s’est close sur une convocation pour une prochaine séance fixée au 5 octobre. Les prévenus encourent la peine capitale s’ils sont reconnus coupables de crimes contre l’Irak et le peuple irakien, a précisé un membre du Conseil supérieur de la magistrature irakien.
Une comparution sous très haute sécurité
Les six hommes, jugés en vertu de la loi antiterroriste irakienne, sont arrivés au tribunal à bord d’un fourgon pénitentiaire escorté par un convoi de véhicules Humvee des forces spéciales irakiennes. Ils portaient l’uniforme jaune réservé aux prisonniers. Des représentants de l’ambassade de France étaient présents dans la salle d’audience, selon les informations rapportées par Midi Libre avec Reuters.
Un transfert massif depuis la Syrie
Selon deux sources judiciaires, les accusés font partie des 47 Français membres de l’État islamique transférés depuis des prisons du nord-est de la Syrie en début d’année, dans le cadre d’un vaste processus supervisé par les forces américaines et les autorités irakiennes. En janvier 2026, l’armée américaine a organisé un premier transfert de 150 hauts cadres de l’organisation terroriste, notamment détenus dans la prison syrienne de Hassaké. Ce site, géré par les Kurdes, était menacé par les combats contre l’armée syrienne, ce qui laissait planer le spectre d’une évasion massive de ces djihadistes. Parmi ce premier groupe, environ la moitié étaient des Occidentaux et des Européens.
Au total, plus de 7 000 suspects auraient ainsi rejoint les prisons irakiennes en quelques jours, dont 47 Français. Parmi eux figurerait Adrien Guihal, 41 ans, l’un des vétérans du djihadisme français. Originaire de Seine-Saint-Denis, converti à l’islam en 2002, arrêté en 2006 pour un projet d’attentat contre le siège parisien des renseignements généraux, il a rejoint la Syrie en 2015 après sa sortie de prison et aurait été arrêté en 2018 à Raqqa. Selon la DGSI, c’est lui qui aurait revendiqué pour le compte de l’État islamique l’attentat de Magnanville contre un couple de policiers en juin 2016 et celui de Nice, qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016.
Des avocats réclament le rapatriement
Début septembre, la justice irakienne avait annoncé que les interrogatoires de ces milliers de prisonniers étaient achevés et qu’ils allaient pouvoir être jugés. Dans un communiqué publié jeudi, un collectif d’avocats demande une nouvelle fois à Paris de rapatrier tous ces prisonniers « afin de garantir que ces Français ne soient pas exposés à la peine de mort et victimes d’un déni de justice ». En 2019, 11 Français avaient été condamnés à la peine de mort en Irak, ensuite commuée en prison à vie. La question du rapatriement de ces djihadistes détenus à l’étranger reste un sujet sensible et controversé, entre le gouvernement, les avocats et les associations de victimes du terrorisme.



