Plages électros à Cannes : 70 000 festivaliers sous haute sécurité
Plages électros à Cannes : sécurité renforcée pour 70 000 fêtards

Le festival des Plages électroniques de Cannes, qui célèbre ses 20 ans du 7 au 9 août, a mis en place un dispositif de sécurité exceptionnel pour encadrer les quelque 70 000 festivaliers attendus (environ 23 000 par jour). Face à l'afflux massif, les autorités ont déployé 300 agents de sécurité privée, près de 100 policiers nationaux, des plongeurs-nageurs, ainsi que des militaires de l'opération Sentinelle. Le but : garantir la sécurité de tous, tout en dissuadant les comportements illicites, comme l'explique le commissaire divisionnaire Frédéric Le Pollozec, responsable du dispositif.

Un dispositif visible et dissuasif dès l'entrée

Dès l'entrée du site, les camions de la police nationale sont positionnés de manière bien visible. « L'objectif c'est de montrer qu'on sécurise, mais aussi être dissuasifs », souligne le commissaire Le Pollozec. Les festivaliers sont systématiquement fouillés et palpés par les agents de sécurité, puis arrosés d'eau pour faire baisser leur température corporelle. Les policiers nationaux, en retrait, restent prêts à intervenir à tout moment. Des contrôles aléatoires peuvent également être effectués, ajoute le commissaire, qui arpente le site chaque jour pour superviser ses équipes.

La vigilance s'étend au-delà des entrées. Un réseau d'une trentaine de caméras de surveillance, installées au Palais des festivals, sur la Pantiero et aux accès, est supervisé depuis un centre des opérations. Vincent Penta, responsable des agents de sécurité, précise : « Chaque année, on essaie d'améliorer le centre des opérations avec des outils numériques et technologiques et l'intelligence artificielle, pour anticiper ce qui pourrait se passer, les mouvements de foule, pour gérer les flux. » Cette approche proactive permet de réagir rapidement à tout incident.

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Des renforts canins et des patrouilles en civil

Pour compléter le dispositif, un chien renifleur est déployé un peu plus tard dans la soirée. Les policiers en civil sont également présents sur le terrain, notamment dans la zone premium, d'où ils surveillent les comportements dans l'eau. « Là, c'est un bon point d'observation, d'où on peut surveiller qu'il n'y a pas de comportements répréhensibles dans l'eau, comme des individus qui deviendraient un peu trop insistants envers les femmes », explique le commissaire Le Pollozec. La nouvelle zone de 6 750 m², avec ses food-trucks, débits de boissons et autotamponneuse, est aussi sous étroite surveillance.

La santé des festivaliers est également une priorité. Le Secours civil du Pays de Lérins est présent pour assurer les premiers soins (bobologie), tandis que les pompiers prennent le relais pour les cas plus graves. Dès vendredi après-midi, plusieurs malaises ont été signalés via l'oreillette du commissaire, qui reste en contact permanent avec ses agents.

Le substitut du procureur sur place pour fluidifier les procédures

Une nouveauté cette année : la présence d'Ismaël Righi, substitut du procureur, pendant les trois jours du festival. Installé dans un préfabriqué à l'entrée, il traite directement les infractions liées aux stupéfiants. « Vous acceptez qu'on détruise les produits ? » demande-t-il à deux jeunes interpellés pour possession de MDMA et d'ecstasy. « Ils ont une dose supérieure au seuil que j'ai fixé, explique-t-il. Donc ils vont passer juste à côté, devant des délégués du procureur, qui vont notifier une contribution citoyenne, donc le paiement d'une amende, entre 300 et 500 euros. »

Cette présence sur place évite les appels téléphoniques au parquet, qui génèrent de l'attente. « Quand on a 25 000 personnes par soir, ça complique les choses », souligne le substitut. Les procédures sont ainsi plus rapides, tant pour les professionnels de la justice que pour les festivaliers.

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Agressions sexuelles : un parcours victime immédiat

En début de soirée, les infractions concernent principalement les stupéfiants. Mais à partir de 23 heures, la nature des incidents change. « On a les dénonciations d'agressions sexuelles, potentiellement sous soumission chimique », précise Ismaël Righi. En cas de violence sexiste et sexuelle (VSS), la sécurité privée amène immédiatement la victime au poste. « Et nous, on déclenche immédiatement le parcours victime, explique-t-il. Ça veut dire prise en charge immédiate de la victime, à l'unité médico-judiciaire, où on va procéder à une série d'examens, comme des prélèvements ADN, potentiellement des expertises psychologiques. »

Pour rappel, certains objets sont interdits à l'entrée du festival : boissons (sauf gourdes souples vides), objets bruyants (sirènes, mégaphones, vuvuzela), drapeaux avec ou sans hampe, pointeurs laser, pulvérisateurs et aérosols, engins pyrotechniques, drones, valises, chaises, etc. La liste complète est disponible sur le site du festival. Les autorités rappellent que la sécurité est l'affaire de tous et que le respect des consignes contribue à la réussite de l'événement.