Le maire de Cannes, David Lisnard, a officiellement demandé à l'État de mener une opération ciblée de lutte contre les stupéfiants pendant le Festival de Cannes, qui se déroulera du 12 au 23 mai. Cette demande vise également les participants au rendez-vous mondial du cinéma.
Une réponse à un narcotrafic qui gagne la Croisette
À quelques semaines de la montée des marches, Cannes veut renforcer la lutte contre un narcotrafic qui ne se limite plus aux cités, mais s'étend aux artères les plus exposées. David Lisnard a saisi le procureur Éric Camous pour réclamer une réponse spécifique et d'envergure. Dans un courrier, l'élu alerte sur une réalité qui se répète chaque année : avec l'afflux massif de visiteurs, la consommation et les trafics de stupéfiants s'invitent jusque sur la Croisette et aux abords du Palais des Festivals.
« Je sollicite la mise en place d'une action spécifique et d'envergure de contrôle pour la lutte contre les stupéfiants pendant la période du Festival du film, dans toute la ville, y compris dans le secteur de la Croisette et auprès des festivaliers », détaille l'édile dans un courrier adressé au parquet de Grasse et communiqué à la presse.
Cette évolution est jugée préoccupante par le maire, car elle brouille les lignes habituelles du narcotrafic. « Ces agissements portent atteinte à l'ordre public », souligne-t-il, évoquant une banalisation qui dépasse désormais les seuls points de deal identifiés pour toucher des lieux emblématiques, fréquentés par les festivaliers comme par les habitants.
Surveillance maximale pendant le Festival
Face à cette diffusion, David Lisnard demande la mise en place d'une opération coordonnée entre police nationale, police municipale et autorité judiciaire. L'idée est de frapper fort, partout, et sans distinction. Contrôles quotidiens, ciblage des zones à forte affluence, interventions sur la Croisette, dans le centre-ville ou autour du Palais… Chaque jour durant le Festival, il s'agirait de repérer, constater et sanctionner la détention, la consommation et le trafic de stupéfiants, y compris auprès des festivaliers.
Une stratégie assumée pour ne laisser aucun angle mort, alors que ces pratiques tendent à se banaliser dans des espaces jusqu'ici préservés. La Ville assure qu'elle mobilisera de son côté pleinement ses moyens, notamment sa brigade canine, avec un chien renifleur déployé quotidiennement sur les secteurs les plus exposés.
« On se consacre souvent pendant les grands événements comme le Festival, qui connaît un afflux de 200.000 personnes, à la sécurité et à la logistique. Je pense qu'il serait également opportun de profiter des renforts policiers pendant cette période pour montrer que le combat contre les stupéfiants est mené toute l'année, quel que soit le quartier et le public concerné », a justifié le maire auprès de l'AFP.
« Il ne s'agit pas de stigmatiser les festivaliers contre lesquels je n'ai aucun a priori, mais à contrario il serait bizarre de penser qu'il y a moins de stupéfiants à l'intérieur du Festival qu'en dehors », ajoute M. Lisnard.
Réactions des autorités
« Festival ou pas festival, il y a tout le temps des opérations de contrôle en matière de stupéfiants et ça concerne tous les lieux et tous les territoires », a rappelé Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, interrogé par l'AFP.
« Les forces de police et le ministère public sont depuis toujours très engagés dans la lutte contre les stupéfiants et s'attachent à protéger les concitoyens contre ce fléau en déployant tous les moyens juridiques mis à disposition par la loi », a répondu à l'AFP Éric Camous, procureur de Grasse et destinataire du courrier.



