Emmanuel Macron a présidé ce dimanche une cérémonie d'hommage à Alfred Dreyfus, au moment où la France célèbre le 130e anniversaire de sa réhabilitation. Le chef de l'État a prononcé un discours dans lequel il a martelé que « le dreyfusisme nous rappelle que l'antisémitisme est l'ennemi de la République ».
Un hommage solennel à l'École militaire
La cérémonie s'est déroulée à l'École militaire, à Paris, en présence de nombreuses personnalités politiques, de représentants de la communauté juive et de descendants du capitaine Dreyfus. Le président a déposé une gerbe devant la statue d'Alfred Dreyfus, érigée en 2019, avant de prononcer un discours d'une vingtaine de minutes.
Dans son allocution, Emmanuel Macron a salué le courage et la résilience de Dreyfus, victime d'une erreur judiciaire et d'un antisémitisme virulent à la fin du XIXe siècle. Il a également rendu hommage à Émile Zola, dont le célèbre article « J'accuse…! » a contribué à la réhabilitation de l'officier.
Le dreyfusisme comme leçon de vigilance
Le président a insisté sur l'actualité du combat contre l'antisémitisme. « Le dreyfusisme, c'est cette exigence de vérité et de justice qui doit toujours guider notre action. Il nous rappelle que l'antisémitisme n'est pas une opinion mais un délit, et qu'il est l'ennemi de la République », a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient dans un contexte de recrudescence des actes antisémites en France. Selon le ministère de l'Intérieur, les actes antisémites ont augmenté de 30 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Emmanuel Macron a appelé à une mobilisation générale pour lutter contre ce fléau.
Un appel à l'unité nationale
Le chef de l'État a également souligné que la mémoire de Dreyfus devait être un vecteur d'unité. « Face à ceux qui veulent diviser, nous devons nous souvenir que la République est une et indivisible. L'affaire Dreyfus a révélé les fractures de la société française, mais aussi sa capacité à se ressaisir », a-t-il affirmé.
Plusieurs associations de lutte contre l'antisémitisme ont salué cet hommage. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a estimé que « ce discours est un signal fort envoyé à tous ceux qui pensent que l'antisémitisme est un phénomène du passé ».
Un héritage toujours vivant
La cérémonie s'est achevée par une minute de silence en mémoire de toutes les victimes de l'antisémitisme. Emmanuel Macron a ensuite rencontré des descendants de Dreyfus et des membres de sa famille, qui ont exprimé leur émotion. « C'est un moment très fort pour notre famille. Voir le président de la République rendre hommage à notre ancêtre, c'est la reconnaissance de son combat pour la justice », a confié un arrière-petit-fils du capitaine.
Cet hommage s'inscrit dans une série d'initiatives du gouvernement pour renforcer la lutte contre l'antisémitisme, notamment par l'éducation et la sensibilisation. Le président a annoncé que des mesures supplémentaires seront présentées dans les prochaines semaines pour mieux protéger les lieux de culte et les écoles juives.



