Garde à vue de Thierry Lacoste : son cabinet dénonce une « justice bananière »
Lacoste en garde à vue : son cabinet dénonce une « justice bananière »

Le cabinet de Thierry Lacoste, avocat parisien et ami d’enfance du prince Albert II de Monaco, a publié un communiqué ce jeudi 3 septembre pour répondre à la garde à vue de son client, en cours depuis mercredi 2 septembre 2026. Le document dénonce une « inversion des rôles » et attaque frontalement le magnat de l’immobilier Patrice Pastor, à l’origine de la plainte qui a déclenché cette procédure.

Une audition devant la Sûreté monégasque

Selon le communiqué, Thierry Lacoste « s’est présenté le mercredi 2 septembre 2026 devant la police monégasque », qui enquête sur une plainte de Patrice Pastor. Le magnat de l’immobilier, mécontent de ne pas avoir obtenu certains projets immobiliers en Principauté, est à l’origine de cette procédure. Le projet de l’Esplanade des Pêcheurs, « que le Prince avait soutenu publiquement », est notamment cité dans le document.

Le cabinet Lacoste affirme que son client « entend apporter tous les éléments d’information et de compréhension nécessaires ». En retour, il pointe la responsabilité de celui qu’on surnomme « le roi de l’immobilier » à Monaco : « Comme souvent, est-il écrit, Mr. Pastor cherche à instrumentaliser la justice monégasque à son profit. »

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Une « justice bananière » dénoncée

Pour le cabinet Lacoste, « cet épisode judiciaire est une nouvelle illustration de l’incroyable renversement des rôles auquel on assiste depuis juin 2023 : ceux qui ont lutté contre la corruption pendant des années, et qu’on n’a pas pu faire taire, sont désormais accusés de “corruption ou de trafic d’influence” dans le seul but de tenter de les bâillonner. »

Le communiqué va plus loin en affirmant que « la justice monégasque est visiblement l’objet de pressions et de sollicitations de la part du Palais princier, ce qui, en dépit de déclarations officielles lénifiantes, montre qu’elle n’est ni indépendante ni impartiale ». Il ajoute : « Sur la base d’un narratif mensonger, et contre les évidences résultant de différentes procédures, cette même justice a été instrumentalisée contre plusieurs personnalités intègres qui avaient toujours cherché à soutenir et protéger le Prince, promouvoir l’image de la Principauté et faire face à l’appétit insatiable et la volonté hégémonique du groupe de Mr. Patrice Pastor. »

L’entourage de Thierry Lacoste évoque un « contexte de “justice bananière” », une expression utilisée jadis notamment par Éric Dupond-Moretti. « Cela ne l’empêchera pas, bien au contraire, de poursuivre son combat pour la vérité », assure-t-il.

Un lien avec le dossier de l’Esplanade des Pêcheurs

Le cabinet Lacoste avance que « l’objectif non avoué de toutes ces manœuvres vise à alimenter le recours de l’État monégasque pour l’exonérer d’avoir, malgré une jurisprudence européenne solidement établie, à indemniser la société Caroli dans le cadre du dossier dit de “l’Esplanade des Pêcheurs” et, possiblement, à attribuer ensuite une version révisée du projet à une entreprise concurrente qui veut la “récupérer”. »

Le communiqué souligne également que « plusieurs plaintes qu’il a déposées à Monaco ont été délaissées ou immédiatement classées sans suite ». Ne pouvant « s’appuyer sur la justice monégasque », Maître Thierry Lacoste « avait déjà saisi les juridictions françaises qui auront à se prononcer sur ces dossiers, notamment dans le cadre de plaintes avec constitution de partie civile ».

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