Une association d’aide aux victimes de la route a présenté un guide pratique pour informer les usagers sur leurs droits et les démarches à suivre après un accident. Ce guide, intitulé « code de la sortie de route », a été dévoilé mardi avec l’appui d’acteurs publics. Il aborde des sujets tels que la responsabilité civile, l’indemnisation et les droits des victimes.
Des informations souvent méconnues
« On connaît les infractions, mais souvent, on ne se rend pas compte qu’on peut se retrouver aussi en difficulté en lien avec la compagnie d’assurance », a souligné Julien Thibault, président de l’association Victimes et Citoyens, lors d’une conférence de presse. Ce « code », soutenu notamment par la Sécurité routière et la mairie de Paris, enseigne les « bons réflexes » à adopter immédiatement après un accident, mais aussi sur le long terme.
Il rappelle des points essentiels : déclarer l’accident à la Sécurité sociale et à sa mutuelle dans les cinq jours, la possibilité de désigner un médecin-conseil en plus de l’expertise médicale demandée par l’assurance, ou encore le droit de formuler de nouvelles demandes d’indemnisation si l’état physique se dégrade, même plusieurs années après l’accident.
Un miroir du code de la route
L’initiative se veut le miroir du code de la route, que « tout le monde connaît de près ou de loin », a expliqué son concepteur, Antoine Defayes. Il a ajouté que contrairement au précieux sésame des aspirants conducteurs, « le but » ici « n’est pas de faire un bon score », mais plutôt de pallier le manque d’informations des usagers.
Amal Shalabi, 32 ans, en formation dans un centre de l’École de Conduite Française (ECF) pour devenir enseignante, s’est prêtée à l’exercice. À la question « Alcoolisé à vélo, je provoque un accident, je risque… », elle a choisi les réponses « B. une condamnation pénale » et « D. de rembourser les dommages subis et causés ». Les deux choix étaient bons, mais elle n’a pas obtenu le point : il fallait aussi répondre « A. une suspension de mon permis voiture ». Résultat final : 3/10. « Je m’attendais à 7 », a-t-elle confessé, admettant que « clairement, il y a pas mal de choses à faire en cas d’accident dont je n’étais pas au courant ».
Intégration dans la formation des moniteurs
Le président de l’ECF, Patrick Mirouse, prévoit de proposer que le « code de la sortie de route » intègre le contenu de la formation des moniteurs, que plusieurs auto-écoles appellent à réformer. En avril, la mortalité sur les routes de France hexagonale a grimpé de 15 %, avec 285 personnes tuées, tandis que le nombre de blessés graves a augmenté de 8 %, pour atteindre 1 533 personnes, a indiqué mardi la Sécurité routière.
La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, a pointé la « vitesse excessive », l’« alcool », les « stupéfiants » et le « téléphone au volant », des « dérives » qui « mettent directement des vies en danger ».



