Fuite de données : le fisc victime de trois cyberattaques en une semaine
Fuite de données : le fisc victime de trois cyberattaques

La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a révélé mardi 18 août une troisième fuite de données, portant sur des informations liées aux successions, après celles touchant les données cadastrales et fiscales des contribuables. Cette annonce intervient alors que le gouvernement présente ses excuses et que l'opposition réclame une commission d'enquête.

Trois fuites en une semaine : que s'est-il passé ?

En juin et juillet 2026, des accès illégitimes à certaines données du système d'information de la DGFiP ont eu lieu, à la suite de l'usurpation des identifiants d'agents publics. Selon le site impots.gouv.fr, ces accès ont permis la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels. La DGFiP a eu connaissance de ces faits le 12 août dernier. Un peu plus de 350 000 particuliers et 250 000 professionnels sont concernés par ce vol de données sensibles.

En parallèle, des vols de données relatives au cadastre ont été constatés. Et ce mardi, Amélie Verdier, la directrice générale de la DGFiP, a annoncé une « troisième fuite » sur des données liées aux successions, qui aurait été « rapidement coupée ». Elle a affirmé que ces informations sont moins sensibles que celles de la fuite fiscale, les comparant à celles que l'on trouve dans des « annonces légales » publiques.

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Quelles données ont été consultées ?

Pour les particuliers touchés en juin et juillet, les données potentiellement consultées incluent « votre identifiant fiscal, votre état-civil, vos coordonnées postales, téléphoniques et électroniques et votre situation fiscale (situation de famille, nombre de personnes à charge, nombre de parts, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source), ainsi que la liste des messages que vous avez échangés avec la DGFiP par la messagerie d'impots.gouv.fr », selon le gouvernement. Pour les entreprises, il s'agit de données telles que leur raison sociale ou leur numéro Siren.

La DGFiP a commencé à prévenir les Français concernés par courrier ou par mail. Le ministère de l'Action et des Comptes publics assure que ces notifications indiqueront « les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter ». Les victimes sont averties que ces données peuvent être utilisées pour des escroqueries ou usurpations d'identité, « par l'intermédiaire de messages […] ou d'appels rendus plus crédibles par la mention des données personnelles dérobées ».

Réactions : le PS demande une commission d'enquête

David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a présenté des « excuses », reconnaissant que « nos systèmes d'information comportent des faiblesses ». De son côté, le parti socialiste a demandé mardi la constitution d'une commission d'enquête sur les atteintes à la sécurité des systèmes d'information de la DGFiP et les fuites de données fiscales. Cette demande a été formulée par le président du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner, et confirmée à Midi Libre par le sénateur PS de l'Hérault, Hussein Bourgi. Selon lui, « on cherche notamment à savoir pourquoi il y a un tel décalage entre ces fuites et leur révélation. Et quelles informations ont réellement été détournées ? Parce que la guerre entre pays passe aujourd'hui par les cyberattaques. Qui peuvent mettre l'économie d'un pays à genoux. »

L'avis d'un expert : « Ce n'est que le début »

Mohammed Boumediane, président du groupe Zewit basé à Montpellier et spécialisé dans la cybersécurité, joint par Midi Libre, ne s'est « pas étonné » de cet enchaînement de fuites. « Depuis un an, ce type de fuites se multiplie par mille. Et je n'exagère pas. C'est lié à l'utilisation de l'intelligence artificielle, qui permet de trouver de plus en plus rapidement des failles de sécurité. L'IA trouve facilement ce que l'humain n'arrive pas, ou traîne, à corriger. Et le seul moyen de contrer l'IA, c'est d'utiliser l'IA », explique-t-il. Il ajoute : « Et ce n'est que le début d'une nouvelle ère. Toutes les entités publiques ou privées doivent faire appel à des centres opérationnels de cybersécurité. »

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Les services de l'État recommandent de « toujours rester méfiant face aux courriels, SMS, appels téléphoniques ou messages non sollicités » et de ne « jamais communiquer codes, identifiants, mots de passe, ou, coordonnées bancaires en réponse à une sollicitation ». Ni de procéder à un quelconque transfert d'argent, tout démarchage en ce sens s'avérant frauduleux. Les conséquences de ces fuites pourraient être significatives, avec un gouvernement embarrassé et une opposition qui réclame des comptes, tandis que les experts appellent à renforcer la cybersécurité face à des menaces croissantes.