Alors que 90 personnes sont décédées par noyade en France depuis le début de l'année 2026, la société biterroise Instadrone teste en juillet à Valras-Plage un drone de surveillance automatisé des plages. Ce dispositif, financé en partie par l'Agglo de Béziers et la Ville de Valras, patrouille sur 2,5 km de plage pour repérer les nageurs en difficulté et, si nécessaire, larguer des bouées de sauvetage.
Un outil d'aide à la surveillance automatisé
Le système, encore en phase de test, est conçu comme un complément aux secours humains. Selon Cédric Botella, responsable d'Instadrone, « cet appareil peut patrouiller seul ou sur ordre. Il est doté d’un outil, géré par une intelligence artificielle, pour détecter tous les comportements erratiques dans l’eau. Si l’appareil repère un nageur en difficulté, il se positionne au-dessus de lui, éventuellement lui envoie une bouée le temps que les secours arrivent. » Il souligne que c'est un gain de temps crucial pour les sauveteurs.
Fonctionnement et capacités techniques
Le drone effectue des allers-retours derrière les enrochements longeant les plages valrassiennes. Dès qu'une potentielle victime est repérée, il se positionne au-dessus d'elle, un haut-parleur permet de la rassurer, et une bouée peut être larguée en attendant les secours. L'appareil est également équipé d'une caméra thermique pour les recherches de nuit, avec une autonomie de 40 minutes avant recharge par induction. Il peut être piloté à distance depuis le poste de secours, les locaux de l'entreprise ou ailleurs.
Extension des horaires de surveillance
Habituellement, les zones de baignade sont surveillées de 10 h à 18 h. Ce drone permet d'effectuer des patrouilles en dehors de ces heures, offrant une plage horaire plus large. Le maire de Valras, Daniel Ballester, déclare : « il y a un intérêt à être présent dans ce projet parce que c’est un système d’assistance à la surveillance. Il ne remplacera jamais l’assistance humaine, mais il l’aidera et lui apportera un plus non négligeable. » Il ajoute que c'est une nouvelle façon d'appréhender la surveillance des plages.
Intégration dans l'environnement et respect des règles
Les techniciens travaillent à l'intégration parfaite du système pour ne pas perturber les autres usagers de l'espace aérien, comme les Canadairs. Botella précise : « Nous ne dépassons pas la zone des 300 mètres dans laquelle les avions ne viendraient pas. Mais c’est un principe, si un avion est signalé, nous restons au sol. » Le drone peut aussi aider la SNSM dans les recherches nocturnes. Les tests en cours vérifient les compatibilités et les interactions avec les règles de la direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Un complément, pas un remplacement
Botella insiste : « Nous savons que le système de surveillance fonctionne puisque nous l’utilisons déjà par ailleurs. Ce que nous vérifions, ce sont toutes les compatibilités, toutes les intégrations. [...] Notre priorité, c’est le secours. Nous ne remplacerons jamais, avec une machine, l’ensemble des moyens humains qui peuvent être déployés. » Le poste d'attente du drone sera disposé au poste de secours principal de Valras-Plage.



