Expérimentation des cameras algorithmiques prolongée jusqu'en 2030
Cameras algorithmiques : expérimentation prolongée jusqu'en 2030

L'Assemblée nationale a adopté, dans la nuit du 9 au 10 juillet 2026, un amendement au projet de loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur (Lopmi) qui prolonge jusqu'au 31 décembre 2030 l'expérimentation des caméras dites « algorithmiques ». Ces dispositifs, capables d'analyser en temps réel les images de vidéosurveillance pour détecter des comportements suspects, étaient initialement prévus pour une durée limitée aux Jeux Olympiques de Paris 2024.

Un cadre élargi pour la sécurité des grands événements

L'amendement, porté par le député Renaissance Sacha Houlié, a été adopté par 47 voix contre 13. Il prévoit que l'expérimentation pourra être menée jusqu'à la fin de l'année 2030, avec un rapport d'évaluation remis au Parlement en 2029. « Cette prolongation est nécessaire pour évaluer pleinement l'efficacité de ces technologies dans la prévention des actes terroristes et des troubles à l'ordre public », a déclaré le rapporteur de la commission des Lois.

Un dispositif contesté par les opposants

Les députés de gauche et écologistes ont vivement critiqué cette décision, dénonçant une « dérive sécuritaire » et une « normalisation de la surveillance de masse ». « Nous sommes en train d'installer un système de vidéosurveillance algorithmique permanent sans débat démocratique suffisant », a protesté la députée écologiste Sandra Regol. Selon elle, le texte initial prévoyait déjà une évaluation après les JO, mais le gouvernement a choisi d'étendre le champ d'application.

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Des statistiques encore limitées

Selon un rapport de la CNIL publié en mars 2026, seuls 12 incidents ont été signalés comme potentiellement détectés par les algorithmes lors des JO, dont 4 se sont avérés être de faux positifs. « Les données disponibles ne permettent pas encore de conclure à une efficacité probante », souligne le document. Le ministère de l'Intérieur affirme de son côté que 85 % des utilisateurs des forces de l'ordre jugent l'outil utile.

Un champ d'application étendu aux transports et aux rassemblements

L'expérimentation ne se limite plus aux seuls sites olympiques : elle pourra être déployée dans les gares, les aéroports, les stades et lors de rassemblements de plus de 1 000 personnes. Les députés ont également adopté un sous-amendement permettant l'utilisation de ces caméras lors des manifestations, sous réserve d'un contrôle judiciaire préalable.

Les garanties promises par le gouvernement

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a assuré que « des garanties strictes encadreront l'utilisation de ces technologies, avec un accès limité aux seules forces de l'ordre habilitées et une interdiction formelle de la reconnaissance faciale ». Cependant, des associations comme la Ligue des droits de l'homme dénoncent un « glissement progressif vers une société de surveillance ».

Prochaines étapes législatives

Le texte doit encore être examiné par le Sénat à la rentrée parlementaire de septembre 2026. Si le Sénat rejette l'amendement, une commission mixte paritaire sera réunie pour trouver un compromis. En attendant, l'expérimentation actuelle, qui devait s'achever fin 2026, est maintenue.

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