Marine Le Pen candidate : le RN en mode dédiabolisation
Marine Le Pen candidate : le RN en mode dédiabolisation

À peine la condamnation de Marine Le Pen prononcée, le Rassemblement national a activé une stratégie de communication rodée. L'objectif : faire oublier la décision judiciaire et maintenir la candidature de sa figure de proue. Trois éléments de langage dominent le discours du parti.

La victimisation comme bouclier

Le premier axe est la victimisation. Marine Le Pen se présente comme une cible d'un "système" qui chercherait à l'éliminer politiquement. « Je suis la seule candidate que l'on cherche à faire taire par des moyens judiciaires », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. Ce discours vise à susciter l'empathie et à détourner l'attention des faits reprochés.

L'attaque contre la justice

Deuxièmement, le RN attaque frontalement l'institution judiciaire. « Cette condamnation est une décision politique, pas une décision de justice », a affirmé Jordan Bardella, président du parti. En discréditant les juges, le RN cherche à délégitimer la condamnation et à la présenter comme une ingérence dans le processus démocratique.

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Le recentrage sur le fond

Troisièmement, le parti tente de recentrer le débat sur ses propositions politiques. « Les Français ont besoin de solutions concrètes pour le pouvoir d'achat, l'immigration, la sécurité », a martelé Marine Le Pen. En insistant sur ces thèmes, le RN espère que l'opinion publique oublie rapidement l'affaire judiciaire.

Selon un sondage réalisé par l'Ifop pour Libération, 62% des sympathisants RN estiment que Marine Le Pen est victime d'un complot judiciaire. Ce chiffre montre l'efficacité de la stratégie de victimisation auprès de la base électorale. En parallèle, le parti a multiplié les interventions médiatiques pour diffuser ces trois axes, avec une présence renforcée sur les réseaux sociaux.

Un pari risqué

Cette stratégie n'est pas sans risque. En attaquant la justice, le RN pourrait renforcer l'image d'un parti populiste hostile aux institutions. Cependant, pour l'instant, la ligne semble tenir : les meetings de Marine Le Pen continuent d'attirer des foules, et les sondages la maintiennent en tête des intentions de vote. Le RN joue la montre, espérant que la condamnation sera oubliée d'ici l'élection.

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