Un durcissement des règles pour le baccalauréat
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a dévoilé mardi ses ambitions pour le baccalauréat. Parmi les mesures phares : un renforcement de l'exigence sur la maîtrise de la langue française, une lutte accrue contre la fraude et l'instauration d'un âge plancher pour se présenter à l'examen.
L'orthographe, un critère déterminant
Lors d'une conférence de presse à Arcueil (Val-de-Marne), Édouard Geffray a insisté sur la nécessité d'un niveau suffisant en orthographe, syntaxe et grammaire pour obtenir le baccalauréat. « Toute copie qui n'a pas un niveau suffisant en termes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire, ne peut pas avoir la moyenne du baccalauréat », a-t-il déclaré. Il avait déjà évoqué ce sujet début mai dans Le Figaro, affirmant que les élèves rendant des copies mal rédigées ne pouvaient pas obtenir leur diplôme, car ce serait leur mentir sur leur niveau.
Le ministre a reconnu que les consignes sur la maîtrise de la langue avaient été variables ces dernières années, mais il refuse de parler de laxisme. Pour la session 2026, des consignes nationales seront données, avec des commissions d'entente et d'harmonisation dans toutes les disciplines. Il ne s'agit pas de points mécaniques, mais de la qualité globale de la copie.
Calendrier des épreuves
Le baccalauréat général et technologique débutera le 15 juin avec l'épreuve de philosophie. Les épreuves anticipées en français et mathématiques en classe de première se dérouleront les 11 et 12 juin. Les épreuves du baccalauréat professionnel commencent mercredi.
Une baisse du taux de réussite assumée
Si ces mesures entraînent une baisse mécanique du taux de réussite, qui était de 91,8 % l'an dernier, le ministre estime que cela refléterait la vérité des niveaux. Il a également rappelé qu'aucun repêchage ne serait possible en dessous de 8/20. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a dénoncé une « poudre aux yeux » et appelé à donner aux élèves les moyens de progresser en orthographe avant le bac.
Lutte contre la fraude
Le ministre a annoncé un renforcement de la lutte contre la fraude, en hausse de 30 % l'an dernier avec 1 208 cas suspectés sur 1,2 million de candidats. Des détecteurs de smartphones et de montres connectées seront installés aléatoirement dans les centres d'examen. Il est désormais possible d'annuler une épreuve, un groupe d'épreuves ou l'intégralité de la session pour un élève reconnu coupable de fraude.
Âge plancher pour les candidats
Cette année, 727 327 candidats passent le bac et 529 876 les épreuves anticipées. Le plus jeune candidat a « un peu moins de 10 ans », une situation que le ministre juge peu souhaitable. Il a demandé à ses services d'expertiser la possibilité de fixer un âge plancher pour se présenter à l'examen. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose d'inscrire son enfant au bac à huit, neuf ou dix ans », a-t-il déclaré. En 2025, la plus jeune candidate avait huit ans.



