Ségolène Royal, ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 2007, a officialisé ce lundi 10 juillet sa participation à la primaire fermée du Parti socialiste (PS) pour l'élection présidentielle de 2027. Cette annonce survient dans un contexte de recomposition à gauche, alors que le PS cherche à se positionner face à La France insoumise et aux écologistes.
Une candidature qui relance les hostilités
Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Ségolène Royal a déclaré : « Je suis candidate à la primaire socialiste parce que je crois que la gauche a besoin d'une expérience et d'une vision qui rassemblent. » Elle a également critiqué la ligne actuelle du parti, qu'elle juge trop timorée sur les questions sociales et écologiques. Selon un sondage Elabe publié en juin, 12 % des sympathisants de gauche la soutiennent, loin derrière Olivier Faure (24 %) mais devant Anne Hidalgo (8 %).
Les modalités de la primaire
La primaire fermée, réservée aux adhérents du PS, se déroulera en novembre 2026. Les candidats doivent recueillir les parrainages de 5 % des élus socialistes ou de 1 000 adhérents. Royal, qui n'a pas exercé de mandat depuis 2017, mise sur sa notoriété et son réseau. « Je ne suis pas une revenante, je suis une combattante », a-t-elle affirmé lors d'un meeting à Poitiers.
Les réactions au sein du parti
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a salué « une candidature qui enrichit le débat », tout en rappelant que « le projet du parti est le fruit d'un travail collectif ». D'autres cadres, comme le maire de Paris Anne Hidalgo, se sont montrés plus réservés, estimant que « le passé ne doit pas occulter les enjeux du futur ». L'ancien président François Hollande, interrogé sur France Info, a simplement commenté : « Ségolène a toujours eu le courage de ses ambitions. »
Un parcours politique contrasté
Royal, 70 ans, fut la première femme à accéder au second tour de la présidentielle en 2007, battue par Nicolas Sarkozy. Ministre de l'Environnement (1992-1993) puis de l'Écologie (2014-2017), elle a porté des mesures comme la loi sur la transition énergétique. Cependant, son bilan est controversé, notamment pour son soutien au gaz de schiste en 2013 et sa gestion de la COP21. Selon un livre récent de deux journalistes politiques, elle entretient des relations tendues avec l'appareil du PS.
Les enjeux pour la gauche
Cette candidature intervient alors que la gauche est fragmentée entre plusieurs pôles : le PS, La France insoumise (LFI), Europe Écologie Les Verts (EELV) et le Parti communiste. Une étude de l'Ifop montre que 68 % des électeurs de gauche souhaitent une candidature unique en 2027, mais les négociations patinent. Royal, qui se présente comme « la candidate de l'unité », espère capitaliser sur son image de femme d'État. « Je veux rassembler au-delà des clivages », a-t-elle insisté.
Les prochaines étapes
La campagne interne débutera en septembre. Royal prévoit de sillonner les fédérations pour convaincre les adhérents. Elle compte sur le soutien de plusieurs maires de petites villes, comme celui de Poitiers, Alain Claeys. « C'est une femme de conviction, elle a ma confiance », a déclaré ce dernier. L'issue de cette primaire déterminera en partie le rapport de force au sein de la gauche pour la présidentielle.



