La sœur de Samuel Paty relance le débat sur la panthéonisation de l'enseignant assassiné en 2020. Interrogée ce jeudi sur RTL, Mickaëlle Paty estime que le président de la République, Emmanuel Macron, devrait prendre position sur le sujet « avant l'été ». Selon elle, une telle décision constituerait une « avancée » significative.
Une pétition et une tribune pour soutenir la panthéonisation
En avril dernier, une pétition a été lancée pour demander l'entrée de Samuel Paty au Panthéon. La décision finale revient au chef de l'État. Si l'initiative recueille de nombreux soutiens, elle suscite également un débat. Certains estiment que Samuel Paty est devenu un symbole malgré lui.
Mickaëlle Paty insiste : « Si Emmanuel Macron veut bien se positionner sur le sujet avant cet été, ce serait un geste important pour nos enseignants. » Elle ajoute que les professeurs « veulent vraiment que mon frère entre au Panthéon ». Elle revient également sur le film « L'Abandon », projeté au festival de Cannes hors compétition, pour lequel elle a été consultante. Les 2000 personnes présentes dans la salle se sont levées, un moment qu'elle décrit comme une « consécration ». « On se dit qu'on n'a pas fait tout cela pour rien. C'était un moment qui nous a tous beaucoup touchés », confie-t-elle.
« Mort pour faire vivre la République »
Une autre sœur de Samuel Paty, Gaëlle, a rappelé avoir signé une tribune en janvier pour demander la panthéonisation. Elle explique que cette demande ne repose pas sur le statut de victime de son frère, mais sur le fait qu'« il a contribué à faire vivre la République auprès de ses élèves et qu'il est mort pour cela ». Elle critique également le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, qui s'est prononcé contre l'entrée de Samuel Paty au Panthéon. Selon elle, « en tant que ministre, il n'aurait pas dû s'exprimer sur le sujet, d'autant qu'il n'a pas son mot à dire ».
Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, a été assassiné le 16 octobre 2020 près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Un islamiste l'a tué après avoir montré en classe des caricatures de Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression. Le tueur a été abattu. Quatre autres personnes ont été condamnées en appel début mars à des peines allant de 6 à 15 ans de prison. Le film « L'Abandon », de Vincent Garenq, est sorti mercredi sur ce drame.



