Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique français en qualifiant Marine Le Pen de « dernier espoir de la France » sur son réseau social X (anciennement Twitter). Ce soutien inattendu, exprimé le 16 juillet 2025, a immédiatement suscité des réactions contrastées au sein du Rassemblement national (RN), où l’on tente de minimiser la portée de cette déclaration.
Un tweet qui fait débat
Dans un message posté en réponse à une vidéo de Marine Le Pen, Elon Musk a écrit : « Elle est le dernier espoir de la France. » Le milliardaire, connu pour ses positions libertariennes et ses critiques envers les politiques traditionnelles, n’en est pas à son premier coup d’éclat politique. Il avait déjà soutenu des figures de la droite radicale en Europe, comme le Premier ministre italien Giorgia Meloni.
Ce tweet a été vu des millions de fois en quelques heures, relançant le débat sur l’influence des géants de la tech dans les élections. Pour le RN, ce soutien est une épée à double tranchant : d’un côté, il offre une visibilité internationale ; de l’autre, il associe le parti à une figure controversée, souvent accusée de propager des fake news et de menacer la démocratie.
L’embarras du RN
Au sein du Rassemblement national, la réaction a été prudente. Plusieurs cadres du parti ont refusé de commenter, tandis que d’autres ont tenté de relativiser. « Ce n’est pas un soutien officiel, c’est l’avis d’un entrepreneur », a déclaré un député RN sous couvert d’anonymat. « Nous ne sommes pas responsables de ce que disent les gens sur Twitter. »
Cette gêne s’explique par la volonté du RN de se « normaliser » et de se distancer des figures extrémistes. Marine Le Pen elle-même a souvent critiqué les milliardaires de la tech, les accusant de « dicter leur loi » et de « contourner les souverainetés nationales ». Accepter le soutien de Musk reviendrait à cautionner ses méthodes, ce que le parti cherche à éviter.
Les réactions politiques
À gauche, l’indignation a été immédiate. « Le RN est le parti de la haine et de l’exclusion, et Musk est le symbole de l’ultra-capitalisme sans foi ni loi. Leur alliance est contre-nature mais logique », a tweeté le député LFI François Ruffin. De son côté, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a ironisé : « On savait que le RN était le parti des extrêmes, voilà qu’il est aussi celui des milliardaires déconnectés. »
Au sein de la majorité présidentielle, on voit dans ce soutien une aubaine. « Cela rappelle aux Français ce qu’est vraiment le RN : un parti qui fait le lit des pires dérives, qu’elles soient économiques ou politiques », a commenté un conseiller de l’Élysée. Les sondages montrent que l’opinion publique est majoritairement défavorable à Elon Musk en France, ce qui pourrait nuire à l’image de Marine Le Pen.
Un précédent inquiétant
Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk s’immisce dans la politique française. En 2023, il avait déjà tweeté en faveur des gilets jaunes, avant de se rétracter. Mais ce soutien à Marine Le Pen intervient à un moment crucial, à moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027. Selon un sondage Ifop réalisé en juillet 2025, 34 % des Français ont une opinion positive de Marine Le Pen, mais seulement 12 % ont une opinion positive d’Elon Musk.
Pour le RN, l’enjeu est de taille : capitaliser sur cette notoriété sans s’aliéner une partie de son électorat, notamment les classes populaires qui voient d’un mauvais œil les milliardaires. « Musk est un atout pour la visibilité, mais un poison pour la crédibilité », résume un analyste politique. Le parti devra donc gérer ce soutien avec précaution, en évitant de paraître trop proche de l’homme d’affaires.
Conclusion
Le soutien d’Elon Musk à Marine Le Pen est un cadeau empoisonné pour le RN. S’il offre une caisse de résonance mondiale, il risque aussi de renforcer l’image d’un parti extrémiste, allié des pires dérives du capitalisme numérique. La stratégie du RN pour les mois à venir sera déterminante : assumer ce soutien ou le mettre à distance, au risque de froisser un allié potentiel. Une chose est sûre : ce tweet a déjà changé la donne dans la campagne présidentielle.



