Marine Le Pen condamnée en appel : quel impact sur la présidentielle ?
Marine Le Pen condamnée en appel : quel impact sur 2027 ?

« Les faits sont graves », a énoncé ce mardi à plusieurs reprises la juge de la cour d’appel lors de son délibéré dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN. « Ils sont graves surtout car ils sont commis par des élus en charge de l’intérêt général », a-t-elle ajouté. Marine Le Pen a été condamnée en appel pour détournement de fonds publics à 45 mois d’inéligibilité dont 30 avec sursis et trois ans d’emprisonnement, dont un an sous bracelet électronique. À un an de la présidentielle, cette décision judiciaire tombe mal pour la cheffe de file du RN. Mais aura-t-elle vraiment un impact sur le choix des électeurs ?

Une « forme de persécution » pour ses soutiens

Si Marine Le Pen se pourvoit en cassation, comme elle l’a annoncé, elle sera alors considérée comme « présumée innocente » jusqu’à la décision de la plus haute juridiction française. Le procureur général de la Cour de cassation a assuré ce jeudi qu’ils feraient « tout pour tenir l’objectif » de rendre une décision concernant Marine Le Pen « avant » la présidentielle. En cas de rejet du pourvoi, la candidate RN risque d’être condamnée définitivement à quelques semaines, voire quelques jours, du premier tour de l’élection, prévu le 18 avril 2027. Pas vraiment le scénario idéal pour la quadruple candidate à l’Élysée.

« Nos adversaires vont nous attaquer mais Marine Le Pen a montré qu’elle avait le cuir épais. Et je crois qu’il y a dans l’opinion publique ce sentiment qu’il existe une forme de persécution contre le Rassemblement national », balaie l’eurodéputé RN Gilles Pennelle. Depuis le premier procès, le Rassemblement national joue la « victimisation » et multiplie les attaques contre les institutions judiciaires.

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« Beaucoup relativisent les costumes de Fillon »

Lors de la présidentielle 2017, les affaires de François Fillon l’avaient considérablement affaibli pendant la campagne. Favori à la sortie de la primaire de la droite en fin d’année 2016, l’ancien Premier ministre avait finalement échoué à se qualifier pour le second tour. Ces derniers mois de campagne avaient même des airs de calvaire, même si sa baisse dans les sondages avait débuté avant la sortie des premières révélations sur l’emploi fictif de son épouse. « Les Français veulent garder la main sur l’élection, ils ne veulent pas être empêchés dans leur expression souveraine. Je pense d'ailleurs qu’il y en a beaucoup qui relativisent aujourd'hui les 10.000 balles de costumes de Fillon », souffle un soutien de Marine Le Pen. « Les Français en veulent aux élus corrompus qui se mettent de l’argent public dans la poche. Ce n'est pas le cas ici », évacue-t-il.

La présidente de la cour d’appel a indiqué lors de son délibéré qu’il n’y avait pas « d’enrichissement personnel », mais elle a aussi assuré que le parti et ses dirigeants avaient mis en place un « système » entre 2004 et 2016 pour payer ses salariés avec l’argent du Parlement européen. « S’il y avait eu un rejet massif des Français, on l’aurait vu plonger dans les sondages. Ce n’est pas le cas, l’effet est même inverse », sourit un député ciottiste, allié du RN.

Une hausse dans les sondages malgré la condamnation

Selon un sondage Ifop pour LCI et Le Figaro réalisé dans les heures qui ont suivi l’annonce de sa candidature, mardi soir, Marine Le Pen gagnerait 4 points par rapport à la mi-juin pour se situer à 36 % d’intentions de vote au premier tour, soit 17 points devant son principal concurrent Edouard Philippe. Une autre enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL confirme un bond de 3 à 4 points, avec 34 à 36 % des intentions de vote. Si cette condamnation en appel ne semble pas être aujourd'hui un handicap dans les sondages, nul doute que cette affaire judiciaire ne manquera pas d'être relevée par les adversaires du RN.

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