Présent à Brisbane, en Australie, Var-matin a rencontré Mathis Ferté au sein du camp des Bleus. Le trois-quarts du RCT a évoqué sa première convocation internationale, la concurrence, la vie du groupe et son rêve de première sélection face au Japon.
Un an après Brive, le voilà en Australie
De Brive à Toulon, puis de Toulon à Brisbane : en l’espace de douze mois, tout est allé très vite pour Mathis Ferté. Phare dans la nuit toulonnaise la saison passée, « Pépino » a gagné sa place parmi les 42 joueurs retenus par Fabien Galthié pour participer au tout premier Championnat des nations de l’histoire. S’il n’a pas eu l’occasion d’affronter les All Blacks le week-end dernier et sera à nouveau hors des 23 samedi face à l’Australie, le joueur de 22 ans s’évertue à faire ce qu’il sait faire de mieux : travailler et laisser parler le terrain pour tenter de décrocher sa première sélection. Face au Japon (18 juillet) ?
Depuis l’hôtel Intercontinental de Brisbane où réside le XV de France, l’ultra-polyvalent et talentueux Toulonnais s’est confié à Var-matin.
« Je ne voulais pas griller les étapes »
Interrogé sur la rapidité de son ascension, Mathis Ferté confie : « Ma première saison à Toulon s’est bien déroulée, je me suis rapidement acclimaté au club, au groupe, à la région. Collectivement, j’aurais aimé que ça se passe mieux, mais je sais qu’on reviendra plus forts. Maintenant, sur un plan personnel, je n’imaginais évidemment pas qu’un an après ma signature, je m’envolerais avec le XV de France (sourire). Je ne voyais pas plus loin que mon arrivée à Toulon. Je voulais m’intégrer, avoir du temps de jeu, trouver ma place. À court terme, je ne pouvais pas avoir la sélection en tête, je ne voulais pas griller les étapes. Alors quand j’ai reçu le coup de fil pour me dire que je partais en Australie… Je vous laisse imaginer la joie ! »
Interrogé sur ses ambitions à long terme, il ajoute : « C’était plutôt un rêve de gosse ! Je joue au rugby depuis mes 5 ans, et j’ai toujours “badé” les grands joueurs. Je n’aurais jamais pensé évoluer en Top 14 et j’y suis désormais. Je n’aurais jamais pensé être appelé en équipe de France et je viens d’être appelé… C’est le Graal, tu ne peux pas aller plus haut. C’était un rêve et, aujourd’hui, j’ai l’opportunité de m’entraîner avec les meilleurs joueurs de France et du monde. »
« Être acteur, pas spectateur »
Pour ne pas se contenter d’être présent, Ferté explique sa méthode : « J’essaie d’être moi-même, sans surjouer et en étant le même joueur qu’à Brive ou à Toulon. Je m’entraîne dur, je joue mon rugby, je me donne les moyens pour être la meilleure version possible. Les choses ne nous tombent pas dessus mais arrivent par le travail, l’acharnement, l’envie. Je me concentre donc sur mes performances, sur les attentes du staff. Je suis aussi dans la démarche de vivre l’instant présent, de profiter et de tout donner pour n’avoir aucun regret. »
Il évoque également son intégration dans un groupe qui se connaît depuis des années : « Quand tu es nouveau, tu ne vas pas crier partout et faire le foufou. Je pense surtout qu’il ne faut pas forcer sa nature. L’important, c’est d’avoir sa personnalité, sans s’inventer un personnage. Et puis, même si je découvre le groupe, j’avais la chance de connaître pas mal de mecs. Nicolas Depoortere, Fabien Brau-Boirie, Barnabé Massa, Théo Attissogbe, Émilien Gailleton avec qui j’ai joué à Cahors, Aaron Grandidier qui était passé par Brive, et je ne les cite pas tous… Ça m’a aidé, notamment les premiers jours. Ensuite, les mecs sont bonnards, donc j’ai vite trouvé ma place. »
« Personne ne se contente d’être appelé »
Conscient que la concurrence est rude et que beaucoup de joueurs n’auront pas l’occasion de jouer, Ferté affiche une détermination sereine : « Personne ne se contente d’être appelé. On a tous envie de jouer, d’aller décrocher sa première cape pour les uns ou de continuer à “matcher” pour les autres. Jouer des matchs comme ça, pouvoir se tester face aux meilleurs joueurs du monde, c’est ce pour quoi on s’entraîne tous les jours. Alors je ne veux pas être dans la frustration, mais dans le travail. Encore et encore. Et si ma chance se présente, ce sera à moi de la saisir. »
Le jeune Toulonnais, qui pourrait connaître sa première sélection face au Japon le 18 juillet, incarne la nouvelle génération du rugby français, portée par le travail et l’humilité.



