À moins de dix jours de la visite officielle du pape Léon XIV en France, le Vatican a écarté ou allégé plusieurs demandes de la présidence de la République, notamment celle d'Emmanuel Macron d'accompagner le pontife à Notre-Dame de Paris, selon une enquête de La Croix rapportée par Midi Libre. Le chef de l'État souhaitait également remettre la grand-croix de la Légion d'honneur au Pape, une offre qui a été refusée par le Saint-Siège.
Une visite apostolique, pas une visite d'État
Le pape Léon XIV débutera dans moins de dix jours un cycle de trois jours de visite officielle en France. De Paris, au Stade de France (Saint-Denis), en passant par les Champs-Élysées, puis Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Metz (Moselle), le Souverain pontife compte bien rassembler les croyants français en allant à leur rencontre ou lors de grandes messes. S'il a d'ores et déjà prévu de s'entretenir en privé avec des victimes d'abus au sein de l'Église, le Pape a également souhaité visiter la Cathédrale de Notre-Dame de Paris.
Cette visite a fortement intéressé le président Emmanuel Macron. D'après les révélations de La Croix, le chef de l'État a demandé à accompagner quelques minutes le pape à Notre-Dame de Paris. Mais sa requête n'a pas été retenue par le Saint-Siège. « Paris imaginait une visite d'État, Rome, un voyage apostolique », affirme le quotidien. Par ailleurs, le Vatican a demandé que l'accueil militaire soit allégé. De plus, Emmanuel Macron s'est vu refuser son offre de remettre la grand-croix de la Légion d'honneur au Pape, rapporte la Tribune Chrétienne qui cite La Croix. Le quotidien ajoute également qu'un éventuel déjeuner ou dîner d'État voulu par le président a été recalé par les équipes du Pontife.
« La République sait déployer ses ors »
« La République sait déployer ses ors lorsqu'elle reçoit les puissants de ce monde : cavaliers, décorations, tapis rouges, dîners officiels. Mais Léon XIV ne vient pas principalement en France pour admirer le cérémonial de l'État. Le Pape n'est pas seulement un souverain étranger que l'on inscrit dans un agenda diplomatique », résument les journalistes de La Croix Mikael Corre et Corinne Laurent.
Cette mise au point du Vatican intervient alors que le pape Léon XIV a prévu de rencontrer des victimes d'abus au sein de l'Église, un geste fort qui marque son pontificat. La visite pontificale, qui doit rassembler les croyants français, pourrait également être perturbée par un mouvement social des forces de l'ordre.
Une visite menacée par la grève des policiers ?
Ce mardi 15 septembre, Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Unité Police, a laissé entendre à la presse que la visite pontificale pourrait être perturbée. « C'est possible, la venue du Pape, la Ligue 1 a repris, tous les grands évènements vont avoir besoin de sécurité […] et la ressource n'est pas inépuisable », introduit le syndiqué.
« La venue du Pape on s'attend à un engagement extrêmement fort, ça va commencer dans l'Est pour arriver sur Paris, je le redis j'espère que d'ici là on aura trouvé des solutions parce que je ne suis pas certains que les collègues soient aussi dociles que d'habitude dans ce genre de moment ». La première journée de mobilisation des forces de l'ordre a porté sur le manque de moyens et de reconnaissance les concernant.
Emmanuel Macron tente un dernier coup
D'après les informations du Point, l'Élysée a convié « tous les chefs d'État de l'Union européenne pour assister au discours du pape Léon XIV à Metz, au centre des congrès Robert Schuman, le lundi 28 septembre ». Un discours qui aura lieu au dernier jour du voyage du Pontife en France. Le Point indique que les invitations aux chefs d'État européens ont « été envoyées au début de cette semaine ». Un ultime coup d'Emmanuel Macron pour apporter une part de politique au voyage du Pape.



