Le Pen-Bardella : un ticket choc pour la présidentielle
Le Pen-Bardella : un ticket choc pour l'Élysée

Marine Le Pen et Jordan Bardella ont officialisé leur binôme pour la campagne présidentielle, une configuration quasiment inédite sous la Ve République. « Nous entrons tous les deux dans cette campagne présidentielle », a déclaré Marine Le Pen mercredi dans la Sarthe, lors de sa première sortie en tant que candidate. Elle forme « un ticket gagnant », a-t-elle souligné la veille sur TF1, avec Jordan Bardella.

Un tandem inédit dans l'histoire récente

En faisant du président le pivot des institutions, puis avec la réforme de 1962 instaurant l'élection au suffrage universel, la Constitution de la Ve République a installé la présidentielle comme une rencontre directe entre un candidat et les Français. Le tandem Le Pen-Bardella apparaît donc comme quasiment inédit si l'on considère que la candidature du Rassemblement national jouera les premiers rôles. En 1969, l'association entre Gaston Defferre, candidat SFIO, et Pierre Mendès France, ancien président du Conseil, avait à peine dépassé les 5 % au premier tour.

Un ticket à l'américaine

Ce binôme n'est pas sans rappeler le ticket que forment aux États-Unis le candidat vainqueur des primaires avec la personnalité choisie pour être vice-président en cas de victoire. Généralement, les deux profils se complètent pour couvrir le spectre électoral le plus large possible. Le ticket RN pourrait caresser le même objectif : Marine Le Pen, plus sociale, pour parler aux classes populaires ; Jordan Bardella, plus libéral, pour s'adresser aux électeurs de la droite traditionnelle. Ce partage des rôles met en lumière le grand écart du programme du RN, mais pourrait au final s'avérer une force.

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Premier ministre désigné

Marine Le Pen a annoncé que Jordan Bardella sera son Premier ministre si elle accède à la magistrature suprême. Cette décision pourrait décevoir ceux qui lorgnaient le poste de chef du gouvernement, comme Eric Ciotti. Ce dernier se rêvait peut-être en Jacques Chirac qui, en 1974, après avoir rallié la candidature de Valéry Giscard d'Estaing avec une quarantaine de députés et ministres UDR, était devenu Premier ministre. Cinquante ans après, l'histoire ne se répétera pas, du moins au lendemain de l'élection. Ensuite, un nouveau chapitre s'ouvrira : si elle remporte la présidentielle, Marine Le Pen aura besoin d'alliés solides pour décrocher une majorité absolue aux législatives qui suivront, au premier rang desquels le mouvement d'Eric Ciotti, l'UDR (Union des droites pour la République).

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