Au Royaume-Uni, rien ne va plus pour Keir Starmer. Les appels à la démission du Premier ministre se sont multipliés lundi, illustrant une fronde grandissante contre lui au sein du Parti travailliste après la défaite électorale cuisante du Labour jeudi dernier.
Le dirigeant serait même lâché par des membres de son gouvernement. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper l’ont appelé à fixer un calendrier pour son départ, selon plusieurs médias britanniques, dont le Guardian et Sky News.
Starmer échoue à apaiser ses rangs
Lundi soir, au moins 70 députés Labour sur un total de 403 avaient appelé Keir Starmer à quitter ses fonctions. Le Premier ministre avait pourtant prononcé un discours le matin même pour tenter de renverser la tendance mais a échoué à apaiser dans ses rangs.
« Je sais que les gens sont frustrés par la situation en Grande-Bretagne. Frustrés par la politique. Et certains sont déçus de moi », a déclaré celui qui a ramené le Labour au pouvoir en 2024 après quatorze ans de gouvernements conservateurs. « Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu’ils ont tort – et je le ferai », a-t-il ajouté.
Quatre assistants de ministres ont quitté leur poste lundi, appelant le dirigeant du Labour au départ. Parmi eux, Melanie Ward, l’assistante du vice-Premier ministre David Lammy. « Il est clair que le Premier ministre n’a plus la confiance du public », a-t-elle écrit sur X, réclamant la démission de Keir Starmer et « une procédure rapide » pour désigner son successeur.
Une croissance économique atone
Depuis sa prise de pouvoir, la popularité du dirigeant de 63 ans n’a cessé de chuter, sur fond d’économie atone et d’augmentation du coût de la vie récemment accentuée par la guerre au Moyen-Orient. Ses détracteurs mettent en avant ses multiples faux pas, revirements, et polémiques – notamment le scandale autour de la nomination comme ambassadeur à Washington de la figure travailliste contestée Peter Mandelson.
Et le mécontentement au sein du Labour est encore monté après les élections locales de jeudi, qui ont vu le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage gagner du terrain dans les bastions travaillistes du nord populaire de l’Angleterre et du pays de Galles. Et les Verts, plus à gauche, lui ont pris des voix à Londres.
Keir Starmer a pour sa part répété lundi vouloir rester au pouvoir pour « faire le travail » pour lequel il a été élu en 2024. Il a affirmé que les électeurs ne pardonneraient « jamais » au parti travailliste s’il reproduisait le « chaos » du précédent gouvernement conservateur, qui avait connu trois Premiers ministres en quatre mois en 2022.



