Gabriel Attal officialise sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 dans l'Aveyron
Attal candidat : déclaration en Aveyron, hommage à Chirac

Désormais candidat pour 2027, l'ex-Premier ministre Gabriel Attal a choisi l'Aveyron pour officialiser son entrée en campagne, reprenant au passage la méthode éprouvée d'un ancien président. C'est officiel : Gabriel Attal est candidat à l'élection présidentielle. Certes, son ambition élyséenne, nourrie au lait de croissance de Matignon, ne souffrait aucun doute. Mais encore fallait-il franchir le cap, toujours délicat, de la déclaration de candidature.

En s'invitant dans la ruralité de l'Aveyron pour sacrifier à ce rituel, l'ex-plus jeune Premier ministre de la Ve République ne s'est pas seulement offert un pas de côté, sinon un pied de nez, à l'égard de la start-up nation, l'ADN originelle du macronisme, il a aussi et surtout mis ses pas dans ceux de Jacques Chirac. Ces dernières quarante-huit heures, c'est un hommage franc et direct – une captation d'héritage grinceront ses détracteurs – qu'il a rendu à l'ancien président. Ce samedi, à Saint-Geniez-d'Olt-et-Aubrac, il a ainsi accompagné le départ des troupeaux en transhumance, avec au menu : danse traditionnelle, accordéon et petit-déjeuner salé aveyronnais. Gabriel Attal au milieu des vaches, c'est le chiraquisme revisité. Et l'ex-socialiste, révélation des années Macron, ne s'est pas contenté de ce seul clin d'œil appuyé.

La marque du terrain

En 2002, Jacques Chirac avait confirmé sa candidature à la présidentielle à la faveur d'un déplacement à Avignon, où il avait répondu à une question de la maire Marie-Josée Roig. 24 ans plus tard, Gabriel Attal a procédé de la même manière. Dans le village de Mur-de-Barrez, sur ces terres aveyronnaises où il a passé ces deux derniers jours, il a attendu que le maire Renaissance Pierre Ignace lui demande s'il comptait se présenter pour confirmer ses intentions. Bien sûr la ficelle était grosse, mais cette déclaration de candidature gardera la marque du terrain, loin du sérail parisien, loin d'une annonce en solitaire dans le cadre d'une interview.

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« Il n'y a pas eu de fausses notes », observe Frédéric Dabi, le directeur général de l'Ifop. « Il a opéré une triple distinction. La première face à Emmanuel Macron et aux reproches qui lui sont faits d'être loin du pays. La deuxième est face à lui-même et à son image, celle de l'école alsacienne, son côté parisien même si sur cette dimension de la proximité, il est plutôt bien noté. Il faut se souvenir de son premier déplacement auprès des sinistrés du Pas-de-Calais lorsqu'il a été nommé à Matignon. Enfin, la troisième concerne Edouard Philippe, qui est déjà déclaré mais qui a choisi de prendre son temps. »

La référence à Chirac peut-elle s'inviter dans la campagne ?

La référence à Jacques Chirac peut-elle s'inviter un peu plus dans cette campagne, comme tente de le faire, sur un autre créneau, Dominique de Villepin, son ex-Premier ministre ? « Attal n'est pas Chirac, personne n'est dupe, répond Frédéric Dabi. Avant 1995, Chirac a été maire de Paris pendant 18 ans, Chirac, c'est un enracinement. Attal, lui, joue l'accélération, voire le saut générationnel. Le candidat idéal de 2027 sera en décalage total avec Macron. Et si Chirac n'est pas Macron, la comparaison s'arrête vite. »

Meetings et bataille du centre

Une certitude : en actant sa candidature à la présidentielle, Gabriel Attal lance aussi la bataille du centre avec Edouard Philippe, le président d'Horizons, conforté lui par sa réélection à la mairie du Havre. « Attal a un socle de popularité élevé, c'est un ingrédient important mais pas essentiel, précise Frédéric Dabi. En revanche, il est très fort chez les femmes et plus faible chez les hommes. Mais surtout l'acte lourd que les Français retiennent de lui, ce n'est pas Matignon, c'est son passage à l'Éducation nationale où ils lui reconnaissent de l'efficacité en particulier sur le harcèlement scolaire et l'abaya qui lui a donné une dimension de fermeté. »

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Entre les partis du bloc central, Renaissance, Horizons et le MoDem, un comité de liaison a été mis en place. Mais l'heure n'est pas à une primaire. Jusqu'en décembre, Gabriel Attal et Edouard Philippe devraient faire campagne chacun de leur côté et janvier devrait constituer un point de passage décisif. À quatre mois du premier tour, il sera alors temps pour les deux anciens locataires de Matignon d'accorder leurs violons. Le scénario privilégié à ce stade est le suivant : le moins bien placé des deux dans les sondages se rangerait derrière celui qui est en tête dans l'opinion. « Attendons de voir, tempère néanmoins Frédéric Dabi. Si en janvier, Philippe est à 20 % et Attal à 15 %, il n'est pas sûr que les sondages règlent la situation. »

Désormais candidat, Gabriel Attal tiendra un premier grand meeting de campagne à Paris, le 30 mai. Edouard Philippe répliquera le 5 juillet, à Paris également. Le match est lancé.