Le PS déchiré par sa relation avec LFI alors que les candidatures pour 2027 se multiplient
PS déchiré par LFI, candidatures 2027 se multiplient

Le Parti socialiste face à ses divisions internes persistantes

Parfois, le Parti socialiste semble s'ennuyer, mais jamais très longtemps. En juin 2025, le 81e congrès du parti à Nancy était bien parti pour ronronner dans des négociations sans relief, jusqu'à l'intervention fracassante de Jérôme Guedj à la tribune. « Pour la première fois de ma vie, j'ai dû dire de l'homme que j'ai aimé profondément qu'il est devenu un salopard antisémite », a lancé, visiblement blessé, celui qui fut l'assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon. Une réplique qu'il jurait quelques minutes plus tard avoir improvisée, mais qui a suffi à réveiller le poison des relations avec La France insoumise (LFI) qui divise plus que tout le PS depuis la formation de la NUPES en 2022.

Une température qui ne redescend pas

Huit mois après cet épisode, la tension interne n'est pas franchement retombée. Bien que plutôt alignés au cours des négociations budgétaires, les socialistes continuent de s'affronter à couteaux tirés avec les insoumis dans l'hémicycle et s'apprêtent maintenant à se disputer ardemment sur la stratégie à adopter pour les élections présidentielles de 2027. Les divisions sont profondes et structurelles, remettant en question l'avenir même de la coalition de gauche.

Jérôme Guedj lance officiellement sa candidature

Jérôme Guedj, premier socialiste à annoncer ouvertement sa candidature en vue de 2027, a officiellement lancé les festivités avec un objectif clair : défendre un sillon « laïque et universaliste » face à LFI. « On peut débattre des taux de TVA ou de CSG mais il y a des sujets sur lesquels il n'y a pas d'édulcoration possible, comme la laïcité, l'antisémitisme, l'universalisme », martèle le député de l'Essonne. Derrière cette candidature vivement symbolique, ce solitaire de nature qui n'a pas vraiment de troupes constituées au sein du PS cherche surtout à court-circuiter ce qu'il appelle la « primaire de la petite gauche ».

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La fracture anti-LFI au sein du PS

Bien qu'Olivier Faure aspire à participer à cette primaire, la frange la plus anti-LFI du PS, rejoint par Boris Vallaud, ne veut pas entendre parler de ce projet. Certains initiateurs comme Marine Tondelier ou François Ruffin sont jugés encore trop conciliants vis-à-vis de la ligne mélenchoniste. « Il y a besoin d'un espace politique dans lequel on ne parle pas qu'à une gauche qui, toute mouillée, fait 30 % ! », tacle Guedj, craignant que l'exercice, prévu pour octobre prochain, ne se transforme en bocal pour militants déjà convaincus.

Multiplication des ambitions présidentielles

Sur cette ligne de front, l'ancien frondeur rejoint les figures sociales-démocrates les plus critiques, de Raphaël Glucksmann à Bernard Cazeneuve, en passant par François Hollande ou Carole Delga, tous bien décidés à faire émerger une candidature réformiste capable de battre Jordan Bardella. Tout cet état-major en est persuadé : seul un profil de centre gauche pourra suffisamment rassembler dans un second tour face au Rassemblement national.

Le défi de l'unité réformiste

Mais un problème majeur se pose : comment départager les multiples ambitieux sur la ligne de départ ? François Hollande parle de bâtir une fédération aux contours encore flous. Raphaël Glucksmann croit à la force d'attraction des sondages. Autre écueil significatif : au-delà de son opposition à LFI, ce camp réformiste peine depuis 2017 à élaborer un logiciel idéologique commun et renouvelé, alors que Jean-Luc Mélenchon met toutes ses forces dans la bataille culturelle à travers ses notes de blog ou son institut la Boétie.

Les différences politiques entre ces figures sont réelles : Guedj se présente comme un social républicain, Glucksmann comme un social-démocrate pro-européen, et François Hollande comme un réformiste revendiqué. Leur ligne politique n'est pas tout à fait identique lorsqu'on y regarde de près. La question centrale demeure : ce petit monde parviendra-t-il à trouver une nouvelle « synthèse » capable de rassembler au-delà des divisions internes et de présenter une alternative crédible pour 2027 ?

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